Commission européenne : pourquoi la nomination de Pierre Moscovici est menacée

Le candidat au poste de commissaire européen aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, le 2 octobre 2014, à Bruxelles (Belgique).
Le candidat au poste de commissaire européen aux Affaires économiques et financières, Pierre Moscovici, le 2 octobre 2014, à Bruxelles (Belgique). (EMMANUEL DUNAND / AFP)

Le Français est candidat au poste de commissaire européen aux Affaires économiques. 

Pierre Moscovici va-t-il être nommé commissaire européen ? Désigné par le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, pour le portefeuille des Affaires économiques et financières, l'ancien ministre français a passé, jeudi 2 octobre, son grand oral devant le Parlement européen. Cette dernière étape avant sa nomination était loin d'être une formalité. Elle pourrait même lui coûter sa place.

Francetv info vous explique pourquoi.

Parce qu'il est français

La possible nomination de Pierre Moscovici est critiquée depuis le début. Les eurodéputés conservateurs et libéraux ne comprennent pas comment l'ancien ministre de l'Economie d'un pays qui ne respecte pas les règles budgétaires de l'Union européenne peut devenir l'homme chargé de faire appliquer ces mêmes règles.

Pendant trois heures, lors de son audition, Moscovici a subi un feu roulant de questions sur ce point. "Comment être certain que vous serez le braconnier devenu garde-chasse ?", lui a lancé la députée libérale néerlandaise Sophie in't Veld. La libérale française Sylvie Goulard l'a accusé, sur Twitter, d'être "un acrobate, aux loyautés successives".

Pierre Moscovici a répondu inlassablement en se posant en défenseur des règles. "Je le redis, je suis là pour faire respecter les règles, assurer la crédibilité des règles, pas là pour les modifier, pour défendre je ne sais quelle dérogation, quelle exception, quelle suspension", a-t-il martelé. Mais il n'a pas convaincu. "Moscovici est difficilement crédible", a réagi le PPE (droite et centre droit), en demandant un "monsieur Stabilité, pas un monsieur Flexibilité".

Parce qu'il va devoir s'expliquer à nouveau

Peu convaincu par la prestation du Français, les députés européens vont lui demander de s'expliquer une seconde fois à l'oral, puis à l'écrit, comme le rapporte un journaliste de l'AFP.

Selon le correspondant de France 2 à Bruxelles, de nombreux groupes politiques jugent ses réponses insuffisantes.

Parce qu'il fait l'objet d'un marchandage

Le destin de Pierre Moscovici est intiment lié à ceux de deux autres candidats au titre de commissaire européen, l'Espagnol Miguel Arias Canete (candidat conservateur au poste de commissaire à l'Energie et au Climat) et le Britannique Jonathan Hill (Services financiers). Le premier est empêtré dans des accusations de conflits d'intérêts. Le second, très évasif, a été reconvoqué pour un oral de rattrapage.

Or, depuis des semaines, le PPE a prévenu que si la nomination de Miguel Arias Canete, ou d'un autre conservateur, ne passait pas, elle réclamerait la tête d'un socialiste, en l'occurrence celle de Pierre Moscovici. Les sorts des deux hommes seront scellés mardi, lors des votes sur leur nomination.

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