Bulletins absents, poussettes interdites, électeurs radiés... Un scrutin européen marqué par plusieurs couacs

Un électeur dans un isoloir pour les européennes, le 26 mai 2019, à Paris.
Un électeur dans un isoloir pour les européennes, le 26 mai 2019, à Paris. (RICCARDO MILANI / HANS LUCAS)

Dans certains bureaux de vote français, le scrutin ne s'est pas forcément déroulé comme prévu, dimanche. Franceinfo a relevé plusieurs incidents.

Voter pour les élections européennes n'a pas toujours été simple. Des couacs en tout genre ont parfois compliqué le bon déroulement du scrutin, dimanche 26 mai. Franceinfo en a repéré quelques-uns.

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Des poussettes pas toujours bienvenues

Elsa Godart‏ n'est pas prête d'oublier ces élections européennes 2019. Cette psychanalyste parisienne assure à franceinfo ne pas avoir eu le droit d'entrer avec sa poussette dans son bureau de vote situé dans le 5e arrondissement de la capitale. "Quand je suis arrivée, on m'a dit que ce n'était pas possible, qu'il fallait que je la laisse dehors", explique cette électrice, qui s'est immédiatement fendue d'un tweet. 

Elle a bien essayé d'expliquer la situation à l'assesseur. "Je lui ai dit que j'étais une maman célibataire, que j'étais donc venue avec mon bébé de 4 mois et mon autre enfant de 4 ans. Mais il n'a rien voulu savoir. Comment ce monsieur voulait-il que je fasse ?", s'interroge-t-elle, "très agacée." Elsa Godart‏ a "fini par laisser [son] bébé à une inconnue à l'extérieur !"

Selon l'article L. 62 du Code électoral, il est écrit que "l'accès du local de vote est réservé aux électeurs inscrits sur la liste électorale du bureau de vote" et que "les enfants ne sont normalement pas admis." Néanmoins, les présidents des bureaux de vote "tolèrent fréquemment la présence d'enfants accompagnant leurs parents." En clair, "il leur appartient de faire en sorte que ces enfants ne soient pas à l'origine de désordres ou de gêne dans l'enceinte du bureau de vote", peut-on lire. 

Elsa Godart‏ estime que "ce monsieur a fait du zèle". "Il y a deux ans, pour la présidentielle, j'ai pu emmener mon aîné dans l'isoloir dans ce même bureau de vote", s'emporte-t-elle. Une décision d'autant plus surprenante que des électeurs ont publié sur Twitter, dimanche, des photos prises dans l'isoloir... avec leurs enfants.

Des électeurs radiés

Ils pensaient pouvoir accomplir leur devoir citoyen, mais arrivés devant les assesseurs, impossible de voter. Plusieurs électeurs se sont plaints d'avoir été radiés des listes électorales à leur insu, comme l'explique le Huffington Post.

Une situation que les mairies craignaient avant l'élection. De nombreux édiles mettaient alors ces erreurs administratives sur le compte de la transmission, le 1er janvier dernier, de la gestion du "Répertoire électoral unique" (REU) à l'Insee. L'institut statistique devait croiser les données communiquées par les communes avec le répertoire national d’identification des personnes physiques afin d'empêcher qu'un électeur puisse par exemple être inscrit à deux endroits différents. Mais l'Insee réfute toute radiation excessive, comme le détaille LCI, laissant craindre un règlement de nombreux contentieux devant la justice administrative.

Des erreurs de tampon

Une fois le bulletin de vote glissé dans l'urne, chaque électeur voit sa carte tamponnée de la date du jour, une inscription censée signifier sa participation au scrutin. Sauf que, à l'occasion de ces Européennes, certains sont repartis des bureaux de vote avec une marque surprenante, notamment en Dordogne. France Bleu Périgord a ainsi reçu plusieurs signalements de tampons indiquant le 24 mai 2019, le 26 mai 2016 ou encore... le 65 mai 2019.

Des bulletins dans la voiture du maire

Des problèmes d'approvisionnement en bulletins de certains bureaux de vote ont été relevés. A Wihr-au-Val, village du Haut-Rhin, plusieurs électeurs ont été surpris de voir que les bulletins du Rassemblement national n'étaient pas présents sur la table du bureau de vote, provoquant l'ire de plusieurs responsables RN.

Comme le détaille le journal L'Alsace, Marie-Hélène de Lacoste Lareymondie, conseillère RN à la région Grand Est et responsable locale du parti, a alors accusé le maire du village, Gabriel Burgard, d'avoir caché les bulletins du RN dans sa voiture.

Interrogé par le quotidien, l'édile "assume complètement cette bévue commise sans malice", mettant cette erreur sur le compte du nombre important de listes : "À l’ouverture du bureau de vote à 8 heures, il n’était pas possible à vue de nez de voir qu’il manquait les bulletins d’une liste, détaille Gabriel Burgard. Je n’ai pas fait de pointage systématique et je l’assume. L’erreur a été réparée vers 10h15, dès que nous l’avons réalisée. Dans ce laps de temps, seules deux ou trois électeurs sont venus se plaindre de ne pas trouver les bulletins de la liste qu’ils avaient choisie, sans nous préciser à laquelle ils pensaient... Mais j’ai d’abord pensé qu’ils parlaient de petites listes dont les bulletins étaient à télécharger sur internet."

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