VIDEO. Défaite des socialistes aux législatives : "Il y avait presque de la haine entre nous"

franceinfo

François Pupponi, député PS de la 8e circonscription du Val-d'Oise, a réagi lundi à la débâcle de son parti aux élections législatives.  

Alors qu'il détenait 284 sièges à l'Assemblée nationale, le Parti socialiste en a récolté seulement une trentaine lors du second tour des élections législatives, dimanche 19 juin. Une défaite cuisante pour le parti, qui s'est soldée par une démission de son premier secrétaire, Jean-Christophe Cambadélis.

Au lendemain des résultats, François Pupponi, député PS réélu dans la 8ème circonscription du Val-d'Oise, préfère être réaliste mais ne cache pas sa déception : "Nous avons le résultat que nous devions avoir, parce que nous ne méritions pas d'en avoir un autre", a-t-il déclaré.

Le député a prévenu : il restera ouvert aux propositions des partisans d'En Marche : "Je suis au PS, donc dans un groupe d'opposition à la majorité présidentielle, mais je n'aurai aucun problème à soutenir et à voter régulièrement des textes de la majorité présidentielle, qui vont dans le bon sens."

franceinfo : Êtes-vous soulagé des résultats des élections législatives, ou éprouvez-vous un sentiment de gâchis ?

François Pupponi : Les deux. À la fois du soulagement d'être réélu avec un large score, et bien sûr un sentiment de gâchis parce que nous avons été les propres responsables de notre défaite. Nous avons fait en sorte, depuis des années, de creuser la tombe dans laquelle nous sommes aujourd'hui. Malheureusement, nous avons une responsabilité collective. Tout le monde y a, d'une manière ou d'une autre, participé. Nous n'avons que le résultat que nous devions avoir, parce que nous ne méritions pas d'en avoir un autre.

Ce qui était le plus terrible à la fin, lors de cette mandature, c'était le manque de solidarité, de respect entre nous. C'est ce qui m'a le plus peiné durant ces dernières années. Il y avait presque de la haine entre nous.

François Pupponi, député PS de la 8e circonscription du Val-d'Oise

à franceinfo

Quel est l'avenir du Parti socialiste ? L'ancien Premier ministre Manuel Valls est-il en partie responsable de cette implosion ?

Non, je ne pense pas sincèrement qu'il faille trouver des responsables. Je pense que nous avons une responsabilité collective. Chacun, quelque part, à un moment, a fait une erreur qui a entraîné cet échec collectif. Quand un parti, qui a été au pouvoir comme nous l'avons été, se retrouve avec une trentaine de députés, c'est collectivement que nous avons failli.

La question est : allons-nous être capables maintenant de tirer les leçons de tout cela, de revenir à des relations normales entre nous, et puis être capables, petit à petit, de proposer une alternative crédible aux Français ? Si nous continuons avec les mêmes dérives, les mêmes comportements, nous continuerons à sombrer. Effectivement, le parti peut d'une manière ou d'une autre complètement disparaître. Est-ce qu'il y aura un sursaut collectif ? Est-ce qu'on arrêtera les guerres intestines, les conflits ? Je pense que Manuel Valls a eu tort de proposer le 49-3 et la loi travail, alors qu'il n'avait plus de majorité à l'Assemblée nationale. Et c'est un problème non pas de doctrine, mais de stratégie politique, un problème institutionnel. Quand on n'a pas de majorité à l'Assemblée nationale, on ne va pas avec un texte qui clive, c'est le b.a-ba de la politique.

Je voterais tous les textes, s'ils vont dans le bon sens

François Pupponi, député PS de la 8e circonscription du Val-d'Oise

à franceinfo

Êtes-vous, à l'heure actuelle, dans l'opposition ?

J'ai toujours dit que je restais socialiste, au groupe socialiste mais que je verrai avec beaucoup d'intérêt ce que propose la majorité proposée par le président de la République. Ça fait bien longtemps que j'ai arrêté de faire une opposition systématique, parce que c'est la droite ou la majorité qui propose quelque chose. Si les textes vont dans le bon sens, il faudra les voter. Et c'est, je crois, ce que les Français attendent. Je suis au PS, donc dans un groupe d'opposition à la majorité présidentielle, mais je n'aurai aucun problème à soutenir et à voter régulièrement des textes de la majorité présidentielle, qui vont dans le bon sens.