Café République. Avec des "mamans de banlieue" qui croient plus à la solidarité qu'à la politique

Gabrielle, Marie-Laure et Nadia.
Gabrielle, Marie-Laure et Nadia. (REGIS PICART / FRANCEINFO)

Chaque semaine, jusqu'au 23 avril, premier tour de la présidentielle, franceinfo donne la parole à des électeurs. Nouvelle étape jeudi, à Bagnolet, à la rencontre de mères de famille de banlieue, engagées dans l'entraide.

Comme chaque semaine avant le premier tour de l'élection présidentielle, Café République donne la parole à celles et ceux qu'on entend peu ou pas pendant les campagnes électorales. Après les éleveurs en Lozère, les personnes handicapées à Marseille, les travailleurs pauvres à Bordeaux, les lycéens dans le Val-d'Oise et les médecins et sages-femmes en Ile-de-France, franceinfo est allé, jeudi 30 mars, à la rencontre de "mamans de banlieue", à Bagnolet, en Seine-Saint-Denis.

Marie-Laure, Gabrielle et Nadia sont des mères de famille, à l'écoute des problèmes des autres, soucieuses d'entraide et de solidarité, avec la volonté de s'ouvrir à toutes les populations. Une maman les appelle pour son fils mineur en garde à vue, une jeune femme victime de violences les contacte, une autre mère s'inquiète de possibles signes de radicalisation chez sa fille. 

Leurs missions : les autres

L'équipe qu'elles forment avec d'autres mamans est joignable en permanence, parfois en urgence pour répondre à de la détresse personnelle ou familiale. Marie-Laure, qui dit avoir "passé le périph", explique, qu'ici il faut être "assez guerrière, parce que tout est plus rude". Gabrielle, venue du Cameroun, ajoute que c'est "un combat" permanent, avec des imprévus.

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Les trois jeunes femmes répondent au désarroi quand toutes les administrations sont fermées. "On n'a pas la prétention de dire qu'on est la République, mais on essaie de l'incarner et d'irriguer ainsi chacune de nos prises de parole, que ce soit sur l'éducation, la vie sociale, la mixité, l'égalité femmes-hommes", déclare Marie-Laure.

L'acte citoyen : une évidence

"Tout citoyen se doit de faire quelque chose", estime Gabrielle, qui dit se retrouver à chaque rentrée avec "vingt jeunes qui n'ont pas de lycée, pas de stage". Pour Nadia, l'ouverture d'esprit est impérative pour mener à bien son engagement, et en politique, elle compte bien "rester libre".

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Comment peuvent-elles faire avancer leurs dossiers ? Elles disent faire du lobbying, rencontrent des sénatrices et poussent les portes des écoles. Elles entrent dans des collèges, à l'occasion de conseils de discipline pour éviter, quand c'est possible, l'exclusion d'un enfant. "Un enfant exclu, c'est deux ou trois mois sans collège et c'est une proie facile", explique Nadia, qui préfère la perspective d'une sanction dans l'établissement scolaire.

Toutes les trois consacrent beaucoup de temps à "faire le job". Pourtant, elles ne changeraient leur vie pour rien au monde. Parce qu'elles rient beaucoup entre elles, décompressent devant un verre après une lourde journée et qu'il n'y a "pas de jugements moraux".

Marie-Laure, Gabrielle et Nadia iront voter pour la présidentielle, même si elles n'en attendent pas forcément grand-chose.

Réécoutez l'intégralité de Café République, à Bagnolet, en Seine-Saint-Denis.

Café République. Avec des "mamans de banlieue" qui croient plus à la solidarité qu'à la politique - l'engagement
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Café République. Avec des "mamans de banlieue" qui croient plus à la solidarité qu'à la politique - les missions
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Café République. Avec des "mamans de banlieue" qui croient plus à la solidarité qu'à la politique - les attentes
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