Café République. À Marseille, les personnes handicapées se sentent oubliées des politiques, "déconnectés de la réalité"

De gauche à droite : Ghislaine, Pascal Delannoy (franceinfo) et Anne. Au premier rang : Ahmed.
De gauche à droite : Ghislaine, Pascal Delannoy (franceinfo) et Anne. Au premier rang : Ahmed. (REGIS PICART / FRANCEINFO)

Chaque semaine jusqu'au premier tour de l'élection présidentielle le 23 avril, franceinfo pose son micro dans une ville de France. Deuxième étape à Marseille, à la rencontre de personnes handicapées.

Après la Lozère et les ruraux, franceinfo s'est rendu à Marseille pour rencontrer des personnes handicapées. On compte près de 12 millions de personnes handicapées en France. Ils s'appellent Ghislaine, Ahmed, Anne et ils témoignent, jeudi 23 février dans Café République, sur franceinfo, de leurs difficultés à tenir leur place dans une société qui a tendance à les stigmatiser. Micro ouvert et discussion libre en vue du premier tour de l'élection présidentielle.

Malgré une infirmité à la suite d'un accident, Ghislaine a trouvé refuge dans le sport. Elle est double médaillée para-olympique en natation. Atteint de poliomyélite, Ahmed tente de se frayer un chemin avec ses cannes ou son fauteuil roulant. Anne, elle, est engagée dans un combat quotidien contre l'administration pour sa fille autiste, âgée de 16 ans.

L'élection présidentielle est loin, très loin de leurs préoccupations quotidiennes. Malgré tout, ils voteront en avril prochain, même s'ils constatent depuis longtemps que les candidats parlent bien peu de leur réalité. Tous les trois voudraient qu'on les écoutes d'avantage. "On ne s'occupe pas assez de certaines pathologies", explique Ahmed.

Je pense qu'on a les moyens, on pourrait mettre un peu plus d'argent pour [ces handicaps] que pour payer grassement certains parlementaires à rien foutre sur des sièges.Ahmedà franceinfo

Ahmed, Anne et Ghislaine attendent donc de vraies propositions des candidats : des dispositions financières, mais surtout une bienveillance. Car, lorsqu'on parle de handicap, "il faut être meilleur que les autres pour être accepté comme les autres (...). C'est ignoble", s'insurge Anne. En effet, Ghislaine, évoquant son expérience de nageuse de haut niveau, raconte que son handicap physique n'est oublié que lorsqu'elle nage.

Dans ces conditions, comment envisager l'avenir ? Ghislaine reste optimiste car, "la situation évolue pour les sportifs 'handi', nous sommes sur le bon chemin, on s'intègre de plus en plus, on nous considère comme des sportifs." Pour Ahmed, en revanche, "la pierre angulaire de ma vie, c'est l'autonomie". En effet, il se déplace généralement en chaise roulante, et il espère pouvoir le faire le plus longtemps possible. "On veut cette autonomie, et on ne veut pas qu'elle nous soit confisquée", ajoute Anne.

"Je suis plutôt optimiste, même si je n'ai plus confiance en les rouages de la politiques, conclut Ahmed. Il y a des gens qui sont vraiment déconnectés de la réalité." Leur conclusion à tous les trois : "Il faut accepter de vivre avec nous." 

Chaque semaine, jusqu’à la veille du premier tour de l'élection présidentielle, franceinfo réunit un peu partout en France des citoyens qu'on entend peu ou pas du tout pendant les campagnes électorales. Ces électrices et électeurs racontent leur quotidien, ils s’interrogent sur leur avenir et celui de leurs enfants dans un pays en pleine mutation. Un voyage inédit en France.

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