VIDEO. L'Angle éco. F. Lenglet : " En trente ans, je n'ai jamais vu une reprise aussi molle"

Reprise ou "re-crise" ? Les réseaux sociaux ont réagi au magazine "L'Angle éco" du lundi 5 octobre. François Lenglet leur répond.

Pour sa rentrée, "L'Angle éco" se penche sur la situation économique de la France. La reprise est-elle au rendez-vous ? Que disent réellement les chiffres de l'Insee ? Y a-t-il une différence entre les statistiques et la perception qu'en ont les Français, chefs d'entreprise ou non ? Vous avez réagi sur les réseaux sociaux pendant l'émission. François Lenglet vous répond.

Le CICE, la fausse bonne idée ?

"A l'origine du Crédit d'impôt pour la compétitivité et l'emploi, il y a un coût du travail élevé en France. Les charges sociales ont déjà baissé depuis une vingtaine d'années, donc il fallait trouver autre chose", d'où ce chèque du Trésor public. "Choisi en fonction des difficultés budgétaires du gouvernement, cet outil est un peu compliqué et sa cible est extrêmement large. Les secteurs visés ne sont pas forcément ceux qui ont un problème de compétitivité – par exemple l'hébergement et la restauration, pourtant difficiles à délocaliser. Il y a une erreur de conception, d'où une rentabilité pas très bonne. Pour les défenseurs du CICE, il devrait quand même entraîner des embauches. Mais on ne les voit pas ! Les créations d'emploi restent plates, il n'y a plus de destructions d'emplois, mais ce n'est pas suffisant pour faire baisser le chômage." 

"Le CICE, une bonne opération pour les entreprises ? Ce n'est pas la seule lecture, car un chef d'entreprise embauche quand son carnet de commandes est plein. Avec le CICE, on baisse seulement le coût du travail : on augmente la taille de la voile, mais on ne crée pas de vent, ça ne déclenche pas la reprise. On est dans un dialogue de sourds, entre un patronat qui estime que le climat reste morose – mais on est dans une reprise molle –, et de l'autre côté, un gouvernement qui dit 'on mobilise de l'argent public'. Cependant, quand la croissance sera revenue, cela permettra de faire tourner le moteur un peu plus vite."

 La reprise, quelle reprise ?

"Pour les consommateurs, le premier paramètre, c'est l'emploi, donc la confiance, c'est ce qui décide à investir, à acheter des biens de consommation" et là, ça ne bouge pas beaucoup. "Les chefs d'entreprise, eux, sont dans un climat de méfiance. Il y a un manque de confiance, y compris depuis le quinquennat précédent, ils ont l'impression qu'on leur complique la vie. Et on ne sait pas sortir de ce climat."

"L'Europe du Sud repart plus vigoureusement que la France." Mais n'oublions pas que l'Espagne ou l'Italie "partent de bien plus bas que nous". Pour ces pays, l'embellie "suit une chute comme on en voit seulement deux par siècle".

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