VIDEO. Corruption : "avoir un casier judiciaire vierge pour se présenter à une élection : la promesse de François Hollande peine à venir" selon Guillaume de Morant

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Invité de Stephane Dépinoy dans ":L’éco" mardi 24 janvier, le journaliste Guillaume de Morant, co-auteur du livre Le tour de France de la corruption (Ed. Grasset), en est certain : en matière de pots-de-vin la France n'est pas en reste.

"Ce qui nous intéressait, avec mon co-auteur Jacques Duplessy, c’est la corruption ordinaire. Pas celle des grands élus, la corruption de ceux qui ont un petit pouvoir et qui le monnayent." Guillaume de Morant, co-auteur du livre Le tour de France de la corruption, revient mardi 24 janvier dans ":L’éco" sur les affaires de corruption qui l’ont marqué. Voyage sur les routes de France, une France méconnue, celle des passe-droits.

Il raconte : «je pense notamment à Maryse Joissains, maire d’Aix-en- Province, et son chauffeur. Sans doute un homme très respectable mais quand on n’a pas d'autres qualifications que conduire la voiture on ne peut pas avoir une fonction de direction. D’une certaine manière c’était le souhait de Maryse Joissains. L’affaire a était retoquée en première instance puis en cours d’appel. On ne peut pas devenir chauffeur-directeur et accéder sur le simple bon-vouloir d’un élu à la plus haute catégorie de la fonction publique."

"Le peuple se mobilise"

En réponse à la Question qui fâche concernant le portrait dressé par le livre : une France sombrement corrompue, au même titre que la Russie, le Brésil ou la Chine, Guillaume de Morant riposte : "je crois justement que je n’en fait pas assez ! Les élus par exemple, pour être irréprochables on pourrait leur demander de présenter un casier judiciaire vierge quand ils se présentent à une élection. C’était une promesse du candidat Hollande sauf qu’elle peine à arriver."

Mais bonne nouvelle : "le projet de loi qui exigera aux élus un casier judiciaire vierge va être présenté devant le Sénat le 1er février prochain. Une pétition a reçu 147 000 signatures dans ce sens : le peuple se mobilise !"

Stephane Dépinoy cloture cet entretien par la chanson préférée de l’invité. Les notes de velours de Nino Rota résonnent avec The Godfather, un clin d’œil assumé par Guillaume de Morant qui ajoute avec malice : "c’est la musique du parrain : tout un symbole."


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