VIDEO. Argent : le droit de seigneuriage est un business très rentable pour l'Etat

Fabriquer une pièce de monnaie, cela coûte 17 centimes. Et quand l'Etat la vend 2 euros aux citoyens, il encaisse 1,83 euro. C'est le droit de seigneuriage. Il date de l’an 864. Extrait du magazine "L'Angle éco" du 15 juin.

Du travail de gravure jusqu'à la frappe, une nouvelle pièce de monnaie se fabrique en trois mois. Les fins alliages utilisés dans le processus sont découpés, cuivrés et polis. Une pièce coûte en moyenne 17 centimes à produire. Cela veut dire que les centimes reviennent plus cher à fabriquer qu'ils ne valent…

La République française se rattrape avec les plus grosses pièces. La plus rentable que l'Etat met en circulation est celle de 2 euros : elle lui revient en effet onze fois moins cher à produire ! Grâce au droit de seigneuriage, fabriquer de l'argent est un business particulièrement rentable…

60 millions d'euros dans les caisses de l'Etat en 2016

Où part donc la marge de 1,83 euro entre le coût de production de la pièce de 2 euros et son prix de vente au public ? "La différence part effectivement dans le budget de l'Etat. Il l'encaisse, mais c'est lui qui garantit, ad vitam æternam, que si vous allez payer avec cette pièce ou si vous allez dans une banque avec elle, vous aurez 2 euros", explique Aurélien Rousseau, directeur de la Monnaie de Paris

"Quel opérateur économique privé est capable de vous garantir sur cent ou cent cinquante ans la valeur d'un petit bout de métal comme celui-ci, qui ne vaut effectivement pas grand-chose en lui-même ? précise-t-il. Cette différence-là, liée au fait que c'est la puissance publique qui garantit, c'est le droit de seigneuriage. Cela fonctionne ainsi depuis la création de la Monnaie de Paris, en 864. La puissance publique assure aux citoyens qu'ils pourront récupérer la valeur sur la face de la monnaie." En 2016, ce droit a rapporté 60 millions d'euros au budget de la France.

Extrait de "Un pouvoir en or massif", un reportage diffusé dans "L'Angle éco".

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