VTC : des clients déposent de fausses plaintes pour se faire rembourser leur course, s'alarme un syndicat

Un chauffeur Uber qui s\'estime accusé à tort par une cliente a porté plainte contre X, conjointement avec la CFDT-VTC.
Un chauffeur Uber qui s'estime accusé à tort par une cliente a porté plainte contre X, conjointement avec la CFDT-VTC. (HELMUT FOHRINGER / APA-PICTUREDESK / AFP)

Un chauffeur Uber qui s'estime accusé à tort a porté plainte conjointement avec le syndicat.

La CFDT-VTC s'émeut, jeudi 21 décembre, d'une hausse des "dénonciations calomnieuses" émanant de clients cherchant, selon elle, à se faire rembourser leur course. Un chauffeur Uber, qui s'estime accusé à tort, a porté plainte conjointement avec le syndicat.

"J'ai été victime de dénonciation d'un délit imaginaire", en l'occurrence de s'être masturbé devant une cliente, a déclaré à la presse Daniel, 7 000 courses au compteur depuis le début de sa collaboration avec Uber, en février 2016. Son compte a été suspendu pendant trois jours avant d'être réactivé par la plateforme de réservation mais, "surpris et choqué", il a saisi le procureur du tribunal de grande instance de Paris pour porter plainte contre X, ne connaissant pas l'identité de la cliente.

"Des conséquences sur l'emploi et le moral"

La CFDT-VTC a aussi porté plainte, une "première" en Europe, selon l'organisation, qui dénonce un phénomène croissant. "Dix-sept chauffeurs se sont rapprochés de nous en quatre jours" pour des faits similaires, a rapporté Fabian Tosolini, de la CFDT-VTC, en expliquant que, souvent, les chauffeurs se taisent car ils veulent "passer à autre chose" ou ont "peur" d'une désactivation.

"Même quand ça coûte 5,70 euros", des clients "trouvent des subterfuges pour ne pas payer les courses", a-t-il affirmé. Or, derrière les fausses accusations, il y a de vraies "conséquences sur l'emploi, la rémunération et le moral". Le syndicat croit le chauffeur innocent car il a été reconnecté très rapidement à la plateforme, aucune plainte n'a été déposée contre lui et lui-même veut "aller jusqu'au bout" pour prouver son innocence.

Uber précise ses procédures

Interrogé sur ce cas particulier, Uber explique que, "par précaution, après avoir reçu une plainte, [la société peut] suspendre temporairement un compte jusqu'à ce que le problème soit résolu", selon des "critères de désactivation" inscrits dans une "Charte de communauté Uber".

Par ailleurs, la plateforme met en avant un "panel d'appel", consultatif, constitué de chauffeurs volontaires "sélectionnés au hasard", et chargé depuis juin d'examiner les cas de chauffeurs estimant avoir été suspendus à tort. "On n'en connaît aucun", s'étonne Yazid Sekhri, de la CFDT-VTC. Selon lui, Uber doit encore faire preuve de "plus de transparence" sur la désactivation et accepter les syndicats dans cette instance d'appel, une demande restée "lettre morte".