Vol test d'un avion dans un nuage de cendres artificiel

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Il y a trois ans, l'éruption du volcan islandais Eyjafjöll clouait au sol des milliers d'avions et provoquait une perte financière évaluée à cinq milliards de dollars pour les compagnies aériennes. Pour éviter qu'une telle situation ne se répète, un dispositif a été testé ces derniers jours par EasyJet et Airbus, permettant d'éviter un nuage de cendres à 100 km à la ronde grâce notamment à des caméras infrarouges.

Le nuage de cendres a été créé artificiellement au-dessus du Golfe de Gascogne à une altitude de 2.700 à 3.400 m. Un avion militaire Airbus A400M y a lâché une tonne de cendres volcaniques. L'idée : recréer des conditions de vol similaires à celles qu'avaient connues les compagnies aériennes en avril 2010, lorsque le volcan islandais Eyjafjöll était entré en éruption. Des milliers de vols avaient alors été annulés et les espaces aériens de nombreux pays européens fermés préventivement, occasionnant des pertes financières estimées à cinq milliards de dollars (3,7 milliards d'euros).

Pour éviter qu'une telle situation ne se reproduise, EasyJet et l'avionneur européen Airbus ont donc procédé à cette expérience. La compagnie aérienne britannique a expliqué ce mercredi avoir pu ainsi tester en grandeur réelle un système de détection et de mesure des cendres baptisé Avoid, qu'elle espère pouvoir installer sur ses avions d'ici l'an prochain.

Des mesures effectuées dans le nuage de cendres

Une fois le nuage de cendres créé, un avion de ligne A340 doté de capteurs a volé en direction de celui ci, qu'il a pu identifier et mesurer à 60 kilomètres, une distance assez importante pour pouvoir modifier la trajectoire de l'avion et le contourner.

Un petit avion appartenant à l'université de Düsseldorf a pour sa part volé dans le nuage de cendres pour prendre des mesures. "La menace représentée par les volcans islandais est toujours présente et c'est pourquoi nous sommes ravis du résultat de cette expérience unique et innovante ", a déclaré le directeur de l'ingénierie d'EasyJet, Ian Davies. "Il est vital de trouver une solution pour nous éviter une répétition des scènes du printemps 2010, quand tout trafic aérien a été paralysé à travers l'Europe pendant plusieurs jours ", a-t-il ajouté.

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EasyJet, qui collabore avec Airbus et la société de technologie norvégienne Nicarnica Aviation, espère pouvoir faire certifier son système par les autorités et l'intégrer à une partie de sa flotte d'ici la fin de 2014.