VIDEO. Stations fantômes, vélos inutilisables, grève des agents... On a testé les nouveaux Vélib' (et c’est toujours la galère)

FRANCEINFO

Aux cafouillages des premières semaines s'ajoute désormais une grève du personnel, qui réclame les mêmes avantages que chez l'ancien opérateur, JCDecaux.

"Fiasco", " déploiement raté", "dysfonctionnements"... Depuis janvier, les critiques s'enchaînent contre les nouveaux Vélib', désormais gérés par la société Smovengo. Difficile pour les utilisateurs de reconnaître le service qu'ils avaient l'habitude d'utiliser. Aux cafouillages des premières semaines s'ajoute désormais une grève du personnel, qui réclame les mêmes avantages que chez l'ancien opérateur, JCDecaux.

Depuis vendredi 20 avril, ce sont "85 % des agents" qui ont cessé toute activité, détaille un gréviste à franceinfo. "Nous savons que cela affecte beaucoup vos déplacements et nous en sommes navrés", écrit Smovengo dans une lettre envoyée aux abonnés Vélib', vendredi 27 avril. Sur les réseaux sociaux, les usagers font en effet part de nombreux bugs. Nous avons voulu tester par nous-mêmes.

Bornes éteintes, vélos déchargés...

Nous avons tenté de retirer un vélo à proximité de France Télévisions, dans le 15e arrondissement de Paris. Stations encore en construction, vélos vandalisés, bornes déchargées ou vélos bloqués... Sur les neuf stations des environs, nous n'avons jamais réussi à prendre un vélo. "Je ne veux pas vous donner de faux espoirs parce qu’en ce moment, les techniciens sont en grève et il n’y a presque aucune borne qui fonctionne", répond le service client, contacté par franceinfo.

Si je peux vous donner un conseil, c’est de ne pas prendre de vélo aujourd’hui. Ça va plus vous rendre folle qu’autre chose.

Le service client de Vélib'

à franceinfo

Mais si le réseau est quasi-complètement paralysé, est-ce entièrement de la faute des agents en grève ? "Ce sont des mensonges, répond un employé de nuit à franceinfo. C’est une stratégie qui consiste à tout décharger sur le dos des employés." Il affirme "que les dysfonctionnements sont là depuis bien avant la grève, depuis le premier jour". En colère, les salariés assurent que "la grève va continuer tant que la direction n’a pas de proposition sérieuse à faire".

De son côté, la société assure dans une lettre aux abonnés avoir "entamé le dialogue" avec les équipes d'exploitation et s'excuse pour la "gêne rencontrée" par les abonnés. "Nous mettons tout en œuvre pour retirer les vélos bloqués en stations", assure Smovengo. Mais dans quel délai ? Jeudi, la mairie de Paris a demandé à Smovengo un "plan d'urgence" et le remplacement d'ici une semaine de 3 000 vélos inutilisables.

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