VIDEO. Aéroport de Dole : de l'argent public versé à une compagnie privée

DELPHINE KLUZEK / FRANCE 2

Pour attirer les passagers, le président du conseil régional du Jura n'a pas hésité à investir dix millions d'euros, notamment pour faire venir un low-coster qui s'est implanté à l'aéroport de Dole. 

L’aéroport de Dole affiche vingt fois plus de passagers qu’en 2010. La raison de ce succès pour cet aéroport du Jura situé à quelques kilomètres de son concurrent : l’arrivée d’un low-coster qui a fait décoller la vente des billets. Ryanair représente 85 % du trafic aérien de ce petit aéroport qui a vu grand. Très grand.

Mais la compagnie low-cost n’est pas venue s’implanter à Dole par hasard. Le président sortant du conseil général du Jura, Christophe Perny, a tout fait pour accroître l’attractivité et la fréquentation de l'aéroport : 10 millions d’euros d’investissement, pistes rénovées, nouvelles salles d’embarquement, installations flambant neuves... "Nous sommes au centre du monde. Tout le monde cherchait le centre du monde, et finalement c’est nous", se félicite-t-il.

Payer un low-coster pour doper l’activité

Côté affluence, l’aéroport est passé de 5 000 passagers à 115 000 passagers. Raison de ce succès, le site dessert une dizaine de destinations dans le bassin méditerranéen, à un prix défiant toute concurrence grâce à l’arrivée de ce low-coster. C’est le conseil général qui verse une aide publique à l'entreprise privée.

"Il n'y a pas d’activité où il ne faut pas payer pour avoir un service. Ça n’existe pas (…). Vous prenez l’autoroute, vous payez. Vous prenez le train, vous payez. Il faut payer, voilà. (…) Aujourd’hui, l’aviation c’est ça, les règles du jeu, c’est ça", explique Christophe Perny.

Gaspillage de l’argent public ou investissement ?

Pour chaque billet au départ de Dole, un minimum de 49 euros est déboursé par le passager. À cela s’ajoutent 23 euros de subventions réglées par les collectivités locales. En seulement trois ans, le conseil général a versé plus de 2,5 millions d’euros à la célèbre compagnie low-cost. "Ça crée de la richesse, ça crée plusieurs dizaines d’emplois, ça va attirer du monde, des entreprises autour, et pour un département comme le Jura, eh bien c’est un investissement qui, sur la durée, nous permettra de nous développer", justifie Christophe Perny.

Pourtant, contre ces subventions, Ryanair est censée faire la promotion de la région. Un échange de bons procédés qui n’est pas respecté par la compagnie aérienne. 

L'aéroport de Dijon, lui, a fermé en 2014, faute de voyageurs. Un site fantôme à quelques kilomètres seulement de Dole. La logique voudrait que les deux sites mettent leurs efforts en commun afin de créer une seule plateforme interrégionale viable sur le long terme. Mais cette stratégie ne semble pas convaincre les collectivités, qui veulent chacune leur aéroport. En France, aujourd’hui, il existe 160 aéroports, et seuls 17 sont rentables.

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