Un Boeing d'Air France a évité de justesse une collision avec le Mont Cameroun

(Un Boeing 777 d'Air France a failli heurter le Mont Cameroun le 2 mai dernier © MAXPPP)

Une enquête interne est en cours au sein des services d'Air France après qu'un avion de la compagnie a évité de peu une collision avec le Mont Cameroun en Afrique centrale, le 2 mai dernier. Le Boeing 777 reliait Malabo, la capitale de la Guinée équatoriale, à Douala au Cameroun, avec 37 personnes à son bord. Le pilote a dévié de sa trajectoire pour éviter des nuages d'orages.

 Une nouvelle catastrophe aérienne a été évitée de justesse au début du mois de mai. Le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) s'intéresse en effet de très près à un "incident grave", qui concerne le vol AF 953 d'un Boeing 777 de la compagnie Air France. L'appareil a failli heurter la plus haute montagne d'Afrique centrale, le Mont Cameroun qui culmine à 4.000 mètres. L'avion reliait Malabo, la capitale de la Guinée équatoriale, à Douala au Cameroun, avec 37 personnes à son bord. Une enquête interne est en cours.

Le système d'avertissement a sauvé l'équipage

Lors de ce vol d'une demi-heure, l'équipage, qui comprenait trois pilotes au total, a fixé son altitude de croisière à 9.000 pieds, soit 2.800 mètres d'altitude. Mais, précise le BEA, il a été rapidement contraint de dévier de son itinéraire, pour contourner de gros nuages d'orage. "L'équipage a décidé de quitter la procédure de descente standard vers Douala ", explique le spécialiste aéronautique de France info Michel Polacco.

Poursuivant sa route légèrement plus au nord qu'à l'accoutumée, l'appareil s'est alors approché dangereusement du Mont Cameroun, assez dangereusement pour déclencher l'alarme du GPWS, "qui est un avertisseur de proximité du so l", précise Michel Polacco. "L'avion était alors en risque réel de collision" avec la montagnes ". Alerté, l'équipage a alors redressé l'avion, augmenté l'altitude de vol, puis continué sa route jusqu'à Douala.

"Un équipage pas suffisamment bien préparé"

A l'heure qu'il est, on ignore si les faits ont été connus grâce aux déclarations de l'équipage lui-même ou bien si l'enquête fait suite à l'analyse du vol. En tout cas, "cela démontre que ce déroutement intempestif a été fait dans une mauvaise direction, ce qui veut dire que l’équipage n’avait pas été suffisamment bien préparé. C’est un problème de facteur humain, de comportement et peut-être de formation ", estime Michel Polacco.

Un porte-parole d'Air France précise que l'équipage du vol bénéficie actuellement d'un "accompagnement pédagogique, managérial et médical" suite à cette frayeur. Quant aux passagers du vol AF 953, "ils ne se sont rendus compte de rien" , précise-t-il.

"L'avion était en risque réel de collision avec le Mont Cameroun", Michel Polacco, spécialiste aéronautique de France Info
--'--
--'--