VIDEO. Réglementation des trottinettes électriques : "C'est le rôle de l'État de faire pression sur les municipalités"

franceinfo

Les fondateurs de l’Association philanthropique action contre l’anarchie urbaine vecteur d’incivilité, qui lutte contre les impacts de la trottinette électrique, ont été reçus lundi dans la matinée au ministère des Transports.

"C'est le rôle de l'État de faire pression sur les municipalités", ont estimé sur franceinfo lundi 12 août Arnaud Kielbasa et Jean-René Albertin, les fondateurs de l’Association philanthropique action contre l’anarchie urbaine vecteur d’incivilité (Apacauvi), qui lutte contre les impacts de la trottinette électrique, après avoir été reçus au ministère des Transports lundi matin.

franceinfo : Avez-vous demandé ce matin une interdiction de la trottinette électrique ?

Arnaud Kielbasa : Non absolument pas, l'interdiction n'est pas dans nos objectifs. Depuis le départ, ce n'est pas ce qu'on réclame. On réclame une réglementation et une responsabilisation des utilisateurs. Fort de ce qu'on a pu constater à l'étranger, il y a des modèles qui fonctionnent bien avec la trottinette, moyennant le fait de réglementer de façon un petit peu exigeante. Ce qu'on déplore aujourd'hui, c'est que les autorités municipales, notamment à Paris et Marseille, ont décidé de faire un effet d'annonce, en déclarant qu'il était interdit dans leurs communes de circuler sur les trottoirs et de stationner sur les trottoirs avec une trottinette électrique. Résultat des courses : avant ou après ces déclarations, rien n'a changé. Ce qu'on est allés faire ce matin au ministère des Transports, c'est déjà de resituer le contexte, qui est bien souvent ignoré, en matière d'impact sanitaire, social et économique et puis de faire des propositions aux autorités.

Avez-vous le sentiment d'avoir été entendus ?

Jean-René Albertin : On sait très bien, en allant au ministère des Transports, qu'on s'adresse à l'État, à la force régalienne. Et que la force régalienne est là pour prendre en considération quelque chose qui concerne l'ensemble des citoyens, mais après c'est aux mairies de les mettre en place. Mais il peut aller plus loin, il peut donner des indications, car les mairies sont quand même responsables de la qualité de la vie des citoyens. C'est le rôle de l'État de faire pression sur les municipalités.

On voit très bien, dans les municipalités qui gèrent mal leur budget, que l'État peut intervenir, par l'intermédiaire du préfet ou autres, pour mettre au pas les maires qui ne gèrent pas bien leurs cités. Paris, c'est quand même la capitale de la France. Je crois qu'on commence à prendre la mesure du problème, car nous rentrons dans une campagne municipale. Plus nous allons rentrer dans la campagne, plus l'écoute sera grande. La personne que nous avons rencontrée au ministère est une spécialiste des transports, elle était très attentive. Elle nous a dit qu'elle demanderait à la commission technique chargée de mettre en place les décrets de nous recevoir.

Quel serait le bon modèle ?

Arnaud Kielbasa : Comparaison n'est pas raison, mais on a observé plusieurs pays et on s'est aperçu que les Allemands avaient plutôt bien réagi sur le phénomène. Ils ont fait ce que pratiquement tous les pays ont fait dans un premier temps, c'est qu'ils ont demandé un moratoire. Ils ont demandé aux opérateurs de ne pas déployer leur flotte, ce qu'on n'a absolument pas fait en France. On a réagi, et on n'a pas agi en amont.

Les autorités allemandes ont demandé aux opérateurs de faire des expérimentations avec une centaine de trottinettes dans certaines villes. À la suite de ça, elles ont tiré des conclusions, notamment sur l'accidentologie. Elles ont ensuite légiféré en juin dernier, avec un certain nombre d'obligations qui nous semblent intéressantes, comme obliger les opérateurs à utiliser une assurance, aujourd'hui ce n'est pas le cas.

Dans un deuxième temps, demander à ce que ces trottinettes soient immatriculées, au même titre qu'un scooter, qu'un vélo, qu'une moto, qu'une voiture. Ce sont des véhicules qui grillent des feux, qui prennent des sens interdits. Quant au port du casque, nous sommes hélas face à des pouvoirs publics qui y sont totalement hostiles. Les pouvoirs publics considèrent que cela créerait un précédent et ils ne veulent pas obliger les conducteurs de vélo à porter un casque.

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