Trottinettes électriques : "15 000 places de stationnement seront réalisés d'ici la fin de l'année", assure la mairie de Paris

Des trottinettes en libre-service de la marque \"Bird\" dans les rues de Paris.
Des trottinettes en libre-service de la marque "Bird" dans les rues de Paris. (THOMAS PONTILLON / FRANCE-INFO)

La municipalité a décidé d'interdire le stationnement des engins sur les trottoirs, sous peine de recevoir une amende. 

Les trottinettes électriques sont interdites de stationner depuis mardi 30 juillet sur les trottoirs de Paris. "2 500 emplacements, qui représenteront 15 000 places de stationnement, seront réalisés d'ici la fin de l'année", a assuré mercredi 31 juillet sur franceinfo Christophe Najdovski, adjoint à la Maire de Paris chargé des transports, de la voirie, des déplacements et de l'espace public.
 
franceinfo : Qu'est ce qui explique cette décision ?

Christophe Najdovski : Nous interdisons en réalité depuis plusieurs semaines désormais le stationnement des trottinettes sur les trottoirs. Cet arrêté vient officiellement formaliser cette interdiction qui était déjà en vigueur. Les trottinettes peuvent se garer sur la chaussée, ce sont des véhicules motorisés, ils doivent stationner comme les autres véhicules motorisés, sur la bande de stationnement automobile, sur les emplacements de deux-roues motorisés. On a plusieurs dizaines de milliers d'emplacements disponibles dès aujourd'hui. Nous travaillons avec les opérateurs pour réaliser des emplacements de stationnement dédiés. Nous avons commencé par des tests avec trois premiers emplacements expérimentaux dans le centre de Paris. Nous avons vocation à généraliser ces emplacements dédiés aux trottinettes électriques en libre-service. D'ici la fin de l'année seront réalisés 2 500 emplacements, qui représenteront 15 000 places de stationnement. Nous travaillons avec les opérateurs pour définir les lieux sur lesquels ils sont le plus judicieux à réaliser. C'est un fait que ces nouvelles mobilités sont présentes dans nos villes. Elles répondent à un certain nombre de besoins. Mais on a vu que ça posait beaucoup de problèmes aux autres usagers.

Si on laisse aujourd'hui sa trottinette sur un trottoir comme certains en ont pu prendre l'habitude, on risque un PV ?

Absolument, vous risquez d'être verbalisé. Le véhicule peut être enlevé et mis en fourrière. Nous avons déjà procédé à 1 200 enlèvements et mises en fourrière depuis le printemps. En règle générale, les opérateurs répercutent cette pénalité sur les utilisateurs. Nous les avons enjoints à faire des messages de prévention et de sensibilisation de leurs usagers, de manière qu'il leur soit bien spécifié qu'ils ne doivent pas laisser les véhicules sur les trottoirs.

Vous allez également bientôt limiter le nombre d'opérateurs via un appel d'offres ?

Oui. L'idée est de limiter le nombre d'opérateurs à deux ou trois, puis de limiter le nombre de véhicules : 15 000 maximums de manière à ce que les rues ne soient pas transformées en capharnaüm, comme ça a pu être le cas par le passé. On a envie d'accompagner ce mouvement des nouvelles mobilités, mais en l'encadrant et en le régulant. Pour cela nous avons besoin de la loi d'orientation sur les mobilités. Elle devait donner un cadre juridique national mais n'a toujours pas été votée. Elle le sera peut-être à la rentrée et il faudra ensuite attendre un décret d'application. Nous avons pris les devants par rapport à la loi. On n'a pas malheureusement aujourd'hui de définition juridique précise ni d'outil juridique adapté donc nous prenons les devants par cet arrêté municipal.

Est-ce que vous allez vous atteler aussi à vérifier que ces trottinettes sont bien durables ?

Absolument. On avait vu des dérives intolérables. On ne peut pas accepter qu'il y ait de telles dérives au niveau des pratiques sociales ou environnementales, aussi bien concernant la durée de vie des trottinettes - on ne doit pas avoir de l'obsolescence programmée - qu'au niveau des conditions sociales pour les travailleurs de ces nouveaux services de mobilité. Elles doivent être à la hauteur de ce qu'on peut être en mesure d'attendre. Nous avons d'ores et déjà interdit les pratiques de recharge par des personnes privées. Désormais ce sont des salariés, car il faut aller à une professionnalisation, avec des règles sociales, des règles environnementales. C'est ce qu'attendent les collectivités mais aussi les usagers, de manière à avoir des services qui soient dans l'optique d'une mobilité durable et non pas d'une prédation uniquement pour capter du profit pour quelques opérateurs.

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