"C'est désolant de voir ça" : à Marseille, des jeunes jettent des trottinettes à la mer pour s'amuser

Les membres de la Société Nautique de la Corniche ont repêché, en bord de rivage, une trentaine de trottinettes électriques en libre service.
Les membres de la Société Nautique de la Corniche ont repêché, en bord de rivage, une trentaine de trottinettes électriques en libre service. (VALLAURI NICOLAS / MAXPPP)

Une trentaine de trottinettes ont été retrouvées au fond de l'eau, le long de la corniche, à Marseille. La société Lime, leader du marché, met en place une brigade de médiateurs chargés de raisonner ceux qui font n'importe quoi avec ces engins.

Un cimetière de trottinettes électriques en libre-service au fond de l'eau : c'est ce qu'a découvert Adrien, jeune plongeur de Marseille, qui s'est confié à France Bleu Provence. Il y a quelques jours, il en a repêché une trentaine au pied du marégraphe : "C’est un problème assez récurrent, parce que tous les deux jours, les jeunes les prennent et s’amusent à les jeter dans l’eau."

C’est désolant de voir ça, parce qu’en plus ce sont des batteries au lithium qui explosent sous l’eau, avec tous les problèmes que ça engendre, sur les poissons, les baigneurs. Moi, je vis là, je vois ça, je ne peux pas laisser ça.Adrien

Pour Adrien, les marques de trottinettes devraient assumer et aller les récupérer elles-mêmes. "Nous, on le fait parce qu'on est des passionnés de la mer, et quand certaines de ces marques m'ont répondu qu'elles n'avaient pas les moyens, ça m'a beaucoup peiné", avoue-t-il.

"Pourquoi ? Parce que c'est super cool !"

En quelques mois et le déferlement des trottinettes électriques sur les trottoirs de Marseille, certains font n’importe quoi. "Il y en a qui essayent de cabrer, de faire des dérapages, des fois ça tamponne des gens", raconte Alyssa au micro de France Bleu. "Il y en a qui font vraiment n’importe quoi, ils ne font pas attention. Sur les trottoirs, ils ne klaxonnent pas, ils bousculent, tapent des gens. C’est très, très dangereux", avoue-t-elle.

Face à ces actes d'incivisme, les sociétés de trottinettes électriques mettent des mesures en place, comme l'impossibilité de verrouiller les appareils en bord de mer ou près du Mucem. La société Lime a mis sur pied il y a quelques jours une patrouille de médiateurs. Ils sont quatre, chargés de lutter contre les comportements dangereux. "Ils ont entre 8 ou 10 ans, les plus grands vont avoir 14 ans, et c’est vrai qu’on s’est rendu compte que depuis quelques temps, le jeu était de prendre des trottinettes et de les jeter à la mer", explique Jérôme Poulet, le responsable. Pourquoi font-ils cela ? "Pour reprendre leurs termes ? C’est super cool !", ajoute-t-il.

Lime, installée à Marseille avec son millier de trottinettes depuis le mois de janvier 2019, devrait atteindre, dans les prochaines semaines, la barre du million d'utilisations.

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