VIDEO. SNCF : Edouard Philippe dénonce une "grève sauvage" qui ne respecte pas la loi

Le Premier ministre a visité le centre opérationnel centre national des opérations ferroviaires à Paris alors qu'un mouvement social provoque de nombreuses perturbations dans toute la France.

Le ton se durcit d'heure en heure depuis le début du mouvement social à la SNCF. Le Premier ministre Edouard Philippe a dénoncé un "détournement du droit de retrait" exercé par les agents SNCF perturbant la circulation, samedi 19 octobre, et il a évoqué une "grève sauvage" à "l'impact inacceptable pour des dizaines et des dizaines de milliers de Français".

"J'ai demandé à la SNCF d'examiner toutes les suites, y compris judiciaires, qui pouvaient être données lorsque des gens ne respectent pas la loi", a déclaré le chef du gouvernement lors d'une visite du centre national des opérations ferroviaires à Paris, en compagnie du secrétaire d'Etat aux Transports Jean-Baptiste Djebbari, et du PDG de la SNCF Guillaume Pepy. Ce dernier avait auparavant annoncé sur BFMTV que la compagnie allait étudier "la façon" dont la compagnie irait "devant la justice pour faire 'juger' qu'il s'agit bien d'une grève et non d'un droit de retrait".

Trois millions de voyageurs attendus samedi

Le droit de retrait est "un droit syndical que je respecte parfaitement, mais qui n'est pas mis en œuvre et s'est transformé en une grève sauvage", a insisté Edouard Philippe, critiquant vivement une "volonté de ne pas respecter la loi sur la grève dans les services publics, de la détourner pour avoir un impact maximal sur les Français". Le Premier ministre a jugé la situation "inacceptable" et rappelé que "trois millions de Français [devaient] prendre le train un jour comme celui-ci".

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Interrogé sur franceinfo, le délégué syndical de SUD-Rail Fabien Villedieu a estimé que le mouvement social relevait bien du droit de retrait pour des raisons de sécurité, et non d'une grève organisée hors des clous : "Partout où on s'est tourné vers l'inspection du travail, c'est-à-dire le représentant de l'Etat, tous les inspecteurs du travail nous ont dit que le droit de retrait était légitime."

Ce mouvement a été initié après un accident entre un TER et un convoi routier, mercredi, durant lequel onze personnes ont été blessées. Le conducteur, choqué et lui-même blessé, "a dû porter secours aux passagers car c'était le seul agent SNCF à bord !", selon un communiqué de SUD-Rail. Ce syndicat, ainsi que la CGT-Cheminots, FO-Cheminots et la Fgaac-CFDT, contestent le mode d'exploitation "équipement agent seul" qui permet de faire circuler des trains sans contrôleur.

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