Un cheminot raconte de l'intérieur l'incident qui a immobilisé un TGV pendant six heures dans un tunnel près de Paris

Le TGV immobilisé dans un tunnel mardi 4 juin 2019 au niveau de Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne).
Le TGV immobilisé dans un tunnel mardi 4 juin 2019 au niveau de Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne). (VOIE LIBRE SNCF / TWITTER)

"Pas d’acte héroïque. Juste une conscience professionnelle", explique le chef de traction, sur Twitter.

Six heures d'attente dans un tunnel. C'est ce qu'ont vécu les centaines de voyageurs présents dans un TGV reliant Paris à Barcelone, mardi 4 juin, au niveau de Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne). A l'origine de cette mésaventure, un incident suivi de nombreuses difficultés (et d'une bonne dose de malchance) racontées, de l'intérieur, par un cheminot sur Twitter.

Pour commencer, tout se passe comme prévu. Les passagers partent (à l'heure) de la gare de Lyon, à Paris, direction le soleil de Barcelone. Mais, quelques minutes seulement après le départ, le couac : un incident d'alimentation électrique oblige le conducteur à s'arrêter… dans un tunnel.

"Un malheur n’arrivant jamais seul…"

Cet arrêt non prévu, dans un tunnel en forme de cuvette, va fortement compliquer la suite des opérations, raconte un chef de traction à la SNCF, sous le pseudonyme @Voie Libre SNCF, sur Twitter. Le conducteur doit installer des cales pour immobiliser les deux rames. Au bout d'une demi-heure, l'électricité revient. Les déboires des passagers, eux, sont loin d'être terminés. 

"Un malheur n’arrivant jamais seul, si les autres TGV bloqués par l’incident ont pu repartir, notre TGV 9713, lui, n’a pas pu se remettre en marche, explique le cheminot. Et pour cause, la rame de tête s’est mise en sécurité. Impossible de remettre la rame en service." C'est à ce moment-là que le chef de traction va intervenir sur place avec son équipe.

Retour à la case départ

Ils attellent alors leur rame de secours à l'une des deux rames toujours coincées dans le tunnel (et dans le noir). Il ne reste plus qu'à pousser le tout. "Le convoi ainsi formé de trois rames mesure 600 mètres pour 1 255 tonnes. Une plume…" ironise le cheminot. Hélas, l'une des deux rames ne veut définitivement plus bouger. Décision est prise de l'évacuer et de repartir avec les deux rames qui fonctionnent.

Après (encore) 45 minutes d'attente pour réaliser le transfert de la moitié des passagers avec l'aide des pompiers, le train redémarre… en sens inverse, pour retourner à Paris. "Pas d’acte héroïque. Juste une conscience professionnelle", conclut le chef de traction.

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