Rapport sur la sécurité du réseau ferré : "Les trains sont souvent en retard pour des raisons d'alimentation électrique, liées aux rats"

Trains en gare de Châtillon (Hauts-de-Seine).
Trains en gare de Châtillon (Hauts-de-Seine). (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

Le président de la fédération nationale des associations d'usagers des transports revient sur le rapport du gendarme du ferroviaire, qui pointe des problèmes de maintenance.

"Souvent nos trains sont arrêtés pour des raisons d'alimentation électrique, c'est lié aux rats", a déclaré mercredi 21 août sur franceinfo Bruno Gazeau, président de la Fnaut, la fédération nationale des associations d'usagers des transports. Le rapport du gendarme du ferroviaire (EPSF) pointe des problèmes de maintenance, mais également la question des rats qui grignotent les gaines d'isolement des câbles électriques, entraînant des défauts d'alimentation et donc des retards.

franceinfo : Le rapport de l'EPSF pointe des défauts de maintenance, tandis que la SNCF assure que la sécurité s'est améliorée depuis trois ans. Qui faut-il croire ?

Bruno Gazeau : Pour la Fnaut, la sécurité est quelque chose d'essentiel, c'est le premier droit des voyageurs. Je crois que l'on est dans un échange normal, où chacun est dans son rôle. L'EPSF fait des contrôles, les signale à la SNCF qui répond à ses objections. Je ne dirais pas que tout va bien, mais les dispositions qui ont été adoptées à l'issue des accidents qui ont eu lieu à Denguin [Pyrénées-Atlantiques] et à Brétigny [Essonne], ont été suivies de retours d'expérience, de décisions, de la création du Haut comité de la sécurité ferroviaire, qui analyse le rapport de l'EPSF.

L'EPSF fait ses rapports conformément aux missions qui lui sont données et les fait bien. La SNCF a été dotée d'un budget d'investissement très sérieux, trois milliards d'investissement pour intervenir et régénérer le réseau pour le rendre plus sûr et plus moderne. Elle a mobilisé de nouvelles technologies, donc c'est positif. Tout ne se fait pas en un jour, mais je dirais que les choses vont dans le bon sens.

Pourtant, on constate avec le rapport qu'une partie des anomalies repérées ne sont pas traitées assez vite par les services de la SNCF...

Il y a une question de moyens, il y a une question de formation des gens de la SNCF, il y a une question de priorité, compte tenu du nombre très important de travaux qui sont engagés et de choses qui leur sont demandées. Parce que passer de 800 millions à trois milliards d'investissement, ça mobilise quand même beaucoup de formations et beaucoup de compétences. Je crois qu'il y a un problème de savoir-faire qui n'a pas encore été résolu, même si l'accent a été remis sur la maintenance. SNCF Réseau a été très attentif à ça, les ministres le sont également. Je crois que l'encadrement de la SNCF est mobilisé sur ça. Simplement, les choses ne se font pas en un jour.

Sur le sujet des rongeurs, la SNCF dit mettre de la mousse et du raticide partout. Cela ne suffit-il pas ?

Il faut qu'ils surveillent et ils le font de plus en plus. Je ne suis pas un technicien de la lutte contre les rats. Ceci dit, les rats génèrent des pannes, plus que des accidents. Souvent, nos trains sont arrêtés, ils sont en retard pour des raisons d'alimentation électrique et c'est lié justement aux rats. Mais la gravité n'est pas toujours la même, il faut hiérarchiser un peu les choses. Il faut que la maintenance soit au cœur des préoccupations des gens, des formations, que les gestes d'éthique qu'ils avaient dans le temps soient réactualisés.

Car la maintenance a des conséquences sur la sécurité mais aussi sur la ponctualité des trains ?

Exactement, et on mesure à quel point, sur la ponctualité, il y a des progrès. Il y a 4% de progrès de ponctualité, mais ça reste pour nous encore insuffisant et on est loin des 97 ou 98% qu'on exige. La SNCF s'est mobilisée, elle a pris des dispositions. On les suit, les ministres les suivent, les systèmes sont contrôlés mais il faut donner du temps au temps pour que les choses redeviennent exemplaires comme ça a pu l'être dans le passé.

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