Perturbations à Montparnasse : "Nous sommes liés à la SNCF par des contrats qui prévoient des indemnités en cas d'avarie, nous les appliquerons", assure RTE

La pagaille en gare de Montparnasse, à Paris, vendredi 27 juillet
La pagaille en gare de Montparnasse, à Paris, vendredi 27 juillet (FRÉDÉRIC DUGIT / MAXPPP)

Samedi matin, le PDG de la SNCF Guillaume Pepey avait indiqué que la SNCF réclamerait une indemnisation de RTE, en raison des perturbations sur le trafic ferroviaire à la gare de Montparnasse.

RTE (Réseau de transport d'électricité) souhaite conserver ses bonnes relations avec la SNCF, après la paralysie du trafic ferroviaire au départ et à l'arrivée de la gare Montparnasse, à Paris, vendredi 27 juillet. Les trains ont été à l'arrêt après l'incendie d'un transformateur à Issy-les-Moulineaux (Hauts-de-Seine). Le trafic restera perturbé encore plusieurs jours

"Notre priorité absolue, c'est à la fois la réalimentation des quelques milliers de personnes qui restent sans électricité et surtout des voies ferroviaires qui quittent la gare Montparnasse", a assuré, samedi soir sur franceinfo, Xavier Piechaczyk, membre du directoire de RTE. Une réponse à Guillaume Pepy, le PDG de la SNCF, qui confirmait qu'il demanderait une indemnisation à RTE.

franceinfo : La SNCF demande une indemnisation à RTE après la pagaille de vendredi. Guillaume Pepy (président de la SNCF) a rejeté la responsabilité sur RTE dans les perturbations. Qu'est-ce que vous répondez à la SNCF ?

Xavier Piechaczyk : Le groupe SNCF est un de nos clients, même un de nos bons clients. La collaboration est très bonne. Nos deux chefs de crise ont été main dans la main pour gérer cet incident. Nous sommes liés par des relations contractuelles. Ces contrats prévoient un certain nombre de dispositions, d'indemnités en cas d'avarie, nous les appliquerons, bien évidemment. Concernant l'alimentation de la gare Montparnasse, la liaison provisoire que nous mettons en place jeudi permettra d'amener la puissance nécessaire pour que la gare Montparnasse fonctionne normalement.

Que répondez-vous à Nicolas Hulot et Elisabeth Borne qui parlent de fragilité dans l'alimentation de substitution ?

J'ai noté que cette demande des deux ministres comportait deux points : qu'on arrive à tirer au clair les causes de cet incendie et qu'avec les pouvoirs publics on se pose la question de la fragilité de ce réseau. Bien évidemment, les portes d'RTE seront ouvertes. Aujourd'hui, nous sommes tournés vers la gestion de la crise et la recherche d'une solution technique pour rétablir l'alimentation. Cette solution technique a été trouvée ce matin, elle est mise en œuvre dès samedi pour pouvoir rendre le courant au milieu de la semaine prochaine. Concernant l'origine de l'incendie, nous n'avons pas la preuve qu'il s'agit d'un incendie criminel. Un constat de police a été réalisé samedi matin. Ce n'est pas à nous d'ouvrir ce type d'hypothèse. Nous n'avons pas de signe qui montrerait que cet acte serait malveillant. Nous ne pouvons pas non plus exclure une avarie technique qui aurait provoqué cet incendie.

"Il faut identifier les solutions de substitution à mettre en œuvre à l'avenir pour éviter que ça ne se reproduise", disent Nicolas Hulot et Elisabeth Borne. Est-ce que vous avez des pistes ou des solutions à proposer ?

Pour le moment, nous sommes sur la gestion de la crise. Nous nous sommes engagés samedi matin à pouvoir mettre en place une liaison provisoire de secours pour jeudi. Notre priorité absolue, c'est à la fois la réalimentation des quelques milliers de personnes qui restent sans électricité aujourd'hui, et surtout des voies ferroviaires qui quittent la gare Montparnasse, pour que l'ensemble des Français qui descendent vers l'ouest et le sud de la France puissent prendre le train dans des conditions normales. Il est exact qu'il faudra qu'on examine - à l'issue de cette phase de crise - la morphologie du réseau dans cette zone. Je dois dire toutefois qu'il existe plusieurs sous-stations SNCF qui desservent la gare Montparnasse. La difficulté qu'on a eu là, c'est que c'est un incendie absolument sans précédent qui est venu couper l'alimentation dans trois postes électriques, ce qui n'était jamais arrivé et qui - statistiquement - était peu probable.

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