Patrons de la SNCF convoqués : "On a besoin de fiabilité, de fréquence et d'une information voyageurs du 21e siècle"

Bruno Gazeau, président de la Fédération nationale des associations d\'usagers des transports, le 2 novembre 2010.
Bruno Gazeau, président de la Fédération nationale des associations d'usagers des transports, le 2 novembre 2010. (MAXPPP)

Pour le président de la Fédération nationale des associations d'usagers des transports, Bruno Gazeau, l'État "est aussi responsable parce que, depuis une vingtaine d'années, on n'a pas fait les investissements qui convenaient". 

La nouvelle panne générale, mardi 26 décembre, gare Saint-Lazare à Paris a poussé la ministre des Transports à réagir : Élisabeth Borne convoque le 8 janvier prochain le patron de la SNCF Guillaume Pépy et le président de SNCF Réseau Patrick Jeantet pour "tirer le bilan de ces incidents" et faire le point sur le plan de rénovation du réseau.

Patrick Jeantet a déjà été reçu début décembre, après le bug informatique gare Montparnasse. Samedi dernier, pour les départs en vacances de Noël, plusieurs usagers n'avaient pas pu monter à bord de leur train bondé. Bruno Gazeau, président de la Fédération nationale des associations d'usagers des transports (Fnaut) a déclaré sur franceinfo mercredi que l'urgence était de mettre en place plus de trains et plus d'informations.

franceinfo : La compagnie est-elle la seule fautive ?

Bruno Gazeau : Certainement pas. L'État qui est actionnaire de la SNCF et stratège dans la stratégie de la SNCF est aussi responsable parce que, depuis une vingtaine d'années, on n'a pas fait les investissements qui convenaient. Certes, le rattrapage est en cours d'être réalisé mais, aujourd'hui, la SNCF doit tout à la fois se réjouir et répondre à la demande des clients.  La fréquentation est en augmentation forte depuis le début de l'année, de l'ordre de 8% sur les TGV et 7% sur les Intercités, un petit peu moins sur les TER. Donc, il y a une grosse activité ferroviaire qui doit répondre à la demande des voyageurs (...) et, en même temps, il faut que la SNCF effectue les travaux nécessaires tout en maintenant la circulation, donc tout ça rend les choses très compliquées.

Des difficultés comme la série noire qui vient de se produire, est-ce déjà arrivé par le passé ?

On est dans une phase où [on constate] le vieillissement des installations d'une part, l'importance des travaux engagés d'autre part, [avec] la nécessité de répondre à une demande croissante de la clientèle à laquelle la SNCF répond insuffisamment : on a besoin de plus de fréquence pour répondre aux besoins des usagers. Tout ça fait que les difficultés sont en ce moment réelles et difficiles à gérer et on le voit tous les jours et on risque d'avoir encore des accidents demain.

C'est vraiment l'urgence du point du vue des voyageurs : plus de trains et plus d'informations ?

La SNCF doit faire de gros efforts pour mieux informer les voyageurs parce que toutes ces difficultés, qui peuvent être compréhensibles, ne le seront que si l'information donnée aux voyageurs est de bonne qualité. On a besoin de fiabilité, on a besoin de fréquence et on a besoin d'une information voyageurs qui soit du 21e siècle.

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