"Un combat pour nous tous" : les formations de gauche veulent retrouver leur dynamisme durant la mobilisation contre la réforme des retraites

Une réunion contre la réforme des retraites réunissant plusieurs personnalités venues de différents partis de gauches, le 11 décembre 2019 à Saint-Denis en Seine-Saint-Denis. Illustration.
Une réunion contre la réforme des retraites réunissant plusieurs personnalités venues de différents partis de gauches, le 11 décembre 2019 à Saint-Denis en Seine-Saint-Denis. Illustration. (FRANCOIS GUILLOT / AFP)

La contestation massive contre la réforme des retraites est l'occasion pour les formations de gauche d'essayer de retrouver des couleurs. 

Après un début de quinquennat d’Emmanuel Macron difficile où elles peinaient à se faire entendre, les formations de gauche ont toutes décidé d’accompagner le mouvement contre la réforme des retraites en adoptant, à l’unisson, le mot d’ordre de la CGT pour le retrait du projet. Parti communiste, Parti socialiste, les Verts et La France insoumise sont donc présents dans les cortèges, depuis le 5 décembre 2019. Une présence essentielle, selon le député La France insoumise Alexis Corbière : "Il y a une grande et large contestation qui se traduit par beaucoup de gens qui font grèves et de gens qui manifestent. Et on voit bien dans les études d’opinion, un large soutien de la population."

Soutien aux cheminots

L’activisme de la gauche ne s’arrête pas là. Les cheminots grévistes de la gare de Lyon, situé dans le 12e arrondissement de la capitale, ont ainsi reçu la visite du leader insoumis Jean-Luc Mélenchon, puis trois jours plus tard, d’une délégation emmenée par des socialistes et des communistes. "Nous sommes venus soutenir, celles et ceux qui portent un combat pour nous tous", expose Olivier Faure, le premier secrétaire du PS. "Nous voulons l’ouverture d’un vrai dialogue et des réponses pour toutes les catégories socioprofessionnelles", avance de son côté Fabien Roussel, secrétaire national du PCF.

Une initiative bien reçue par des grévistes comme Bérenger Cernon de la CGT Cheminot : "Je voudrais remercier les politiques qui sont venus nous soutenir dans notre combat. Il n’y a pas que la 'Macronie' dans ce pays. Il y a plein de partis politiques qui portent des projets qui vont vers le progrès social, explique le syndicaliste. Le progrès social ce n’est pas tirer tout le monde vers le bas, mais au contraire tirer tout le monde vers le haut."

"Il y a quand même des partis, ils ont un peu déçu"

La période où une partie de la gauche était accusée de trahison et n’était plus la bienvenue dans les cortèges syndicaux semble loin. Ce n’est pas si simple pour Sébastien, un autre cheminot : "Il y a quand même des partis, à certains moments, ils ont un peu déçu." Une critique de la part de ce cheminot, lui aussi à la CGT, qui reconnaît que "les gens changent, les temps changent, on peut un jour commettre une erreur et la corriger le lendemain."

Ce n’est pas le grand pardon non plus !Sébastien, CGT Cheminotà franceinfo

C’est l’une des limites de ce regain de dynamisme à gauche. Il n’efface pas les profondes divergences entre ses différentes tendances. À La France insoumise, on insiste et explique qu'il n’est pas question de laisser croire qu’on pourrait à nouveau travailler ensemble avec les socialistes sur des propositions gouvernementales.

Les formations de gauche veulent retrouver leur dynamisme durant la mobilisation contre la réforme des retraites - Le reportage de Sarah Tuchscherer
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