Trafic perturbé à la SNCF : "On nous a laissés sur le carreau", dénonce une association d'usagers

Un écran SNCF Transilien annonçant une grève, le 18 octobre 2019.
Un écran SNCF Transilien annonçant une grève, le 18 octobre 2019. (STÉPHANIE BERLU / RADIO FRANCE)

La vice-présidente de l'Association des usagers de la ligne Toulouse-Agen-Bordeaux est très en colère à cause de l'absence d'accompagnement de la SNCF pour compenser le trafic perturbé de vendredi.

"On nous a laissés sur le carreau", dénonce vendredi 18 octobre sur franceinfo Emmanuelle Zaïbak, vice-présidente de l'Association des usagers de la ligne Toulouse-Agen-Bordeaux (Autab), alors que le trafic des trains régionaux est très perturbé partout dans le pays vendredi.

>> DIRECT. Des cheminots font valoir leur droit de retrait, le trafic SNCF fortement perturbé

Les conducteurs ont fait valoir leur droit de retrait à cause d'un accident survenu mercredi dans la région Grand-Est, à Saint-Pierre-sur-Vence, au sud de Charleville-Mézières (Ardennes). Un train a percuté un convoi exceptionnel à un passage à niveau, blessant légèrement onze personnes. Le conducteur, blessé à la jambe, était le seul agent à bord et a dû gérer la situation tout seul. D'après la CGT Cheminots, la sécurité ne peut pas être assurée tant qu'il n'y aura pas de contrôleur à bord de tous les trains.

Aucun service de bus n'a été mis en place, je trouve que c'est vraiment honteux.Emmanuelle Zaïbakà franceinfo

Ce qui énerve surtout la voyageuse, c'est le manque de solution alternative pour se déplacer. "Je suis complètement en colère, je suis vraiment remontée, je suis arrivée en gare ce matin, tout était bloqué ! Pas de train du tout !", ajoute Emmanuelle Zaïbak. "D'habitude on a des grèves, mais après, il y a toujours en général quelqu'un pour nous aiguiller, pour avoir des bus... Là, c'est la première fois que ça arrive, qu'on nous laisse complètement sur le carreau !"

La vice-présidente de l'association d'usagers ne compte pas s'arrêter là. "Je vais contacter le conseil régional pour leur en parler, parce qu'ils n'ont pas le droit de faire ça. Moi je paie 100 euros d'abonnement par mois, ils sont censés nous donner une solution quoi qu'il arrive", affirme Emmanuelle Zaïbak. Elle conclut : "Heureusement qu'il y a du covoiturage, de la solidarité, mais ce n'est pas normal d'en arriver là."

"Faites quelque chose"

"Je suis furieux, c'est vraiment prendre les gens pour des imbéciles", s'énerve pour sa part un voyageur qui devait se rendre de Nice à Monaco pour le travail, sur France Bleu Azur. "Monaco, c'est 50 000 Français qui vont travailler chaque jour, et on met 50 000 Français dans la merde, voilà", ajoute-t-il.

D'après lui, la CGT, à l'initiative de l'appel au droit de retrait des conducteurs, aurait dû prévenir. "Moi, les grèves, je veux bien, mais il y a des règles, on fait des préavis, c'est 24 heures de préavis, là, il n'y a pas de préavis", s'énerve l'usager, avant de proposer : "Donc nous, on va faire quoi ?! On va faire grève des billets alors ?!" Cependant, il ne s'agit pas d'une grève, mais d'un droit de retrait, qui ne nécessite pas de dépôt de préavis et n'entraîne ni sanction, ni retenue de salaire.

Sur la Côte, c'est vraiment minable. Je vais prendre ma voiture, comme ça je vais faire un peu plus de pollution.Une voyageuse

"C'est tous les jours pareil", enchaîne au micro de France Bleu Azur une autre voyageuse, qui ironise : "TER, ça veut dire train en retard ! Cela commence à bien faire, c'est inadmissible ! Après on dit 'la pollution', mais merde, faites quelque chose !"

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