La réforme ferroviaire largement adoptée par les députés : "Cela prouve que cette réforme est voulue"

Patrick Jeantet, le président SNCF Réseau à l\'Hôtel de Matignon à Paris, le 26 février 2018.
Patrick Jeantet, le président SNCF Réseau à l'Hôtel de Matignon à Paris, le 26 février 2018. (ERIC FEFERBERG / AFP)

L'ouverture à la concurrence veut dire "plus de trains et plus de services pour les Français", a déclaré mercredi sur franceinfo Patrick Jeantet, le président SNCF Réseau.

La grève à la SNCF se poursuit, même si l'Assemblée nationale a adopté très largement, en première lecture, le projet de loi de réforme ferroviaire, contesté par les cheminots et la gauche. "Cela prouve que cette réforme est voulue", a réagi mercredi sur franceinfo Patrick Jeantet, le président de SNCF Réseau, qui gère le réseau ferré national. Selon lui, grâce à l'ouverture à la concurrence, les Français auront davantage "de trains" et "de services". Les gares seront également mieux "pilotées". Les cheminots sont à nouveau appelé à cesser le travail mercredi 18 et jeudi 19 avril. Patrick Jeantet a réaffirmé qu'aucun projet de "privatisation" de la compagnie ferrivaire n'est sur la table, et s'est dit inquiet du coût de la grève estimé à "20 millions d'euros par jour".

franceinfo : La réforme a été largement adoptée par l'Assemblée mardi. Est-ce que cela vous conforte ?

Patrick Jeantet : Oui, cela prouve que cette réforme est voulue. C'est une réforme très importante parce qu'elle prépare à l'ouverture à la concurrence. Et l'ouverture à la concurrence, cela veut dire plus de trains et plus de services pour les Français. Cela existe déjà dans le fret. Là, on le fera pour les trains voyageurs, les TER par exemple.

Les syndicats de la SNCF disent craindre une privatisation de l'entreprise. Que leur répondez-vous ?

Il ne s'agit absolument pas d'une privatisation. Quand on regarde le paysage européen, aucune des sociétés historiques de chemins de fer n'a été privatisée, même dans les pays qui ont ouvert à la concurrence depuis bien longtemps. On voit bien que ce n'est pas du tout l'idée de l'État.

Cette réforme devrait permettre à SNCF Réseau de récupérer la gestion des gares et des commerces qui s'y trouvent. Vous confirmez ?

Oui, c'est très important. Sur les grandes gares, on n'a pas de directeurs de gares qui s'assurent que l'ensemble des flux soient bien pilotés, bien coordonnés. Quand vous avez une vingtaine de tâches à réaliser pour pouvoir faire partir un train à l'heure, si vous ne les pilotez pas de manière très fine, vous créez des retards. Cette réforme, c'est la réunification du patrimoine des gares et c'est aussi la réunification de l'exploitation des gares.

Emmanuel Macron a confirmé que l'État reprendrait "progressivement" une partie de la dette de la SNCF. Cela concerne aussi SNCF Réseau ?

Oui, cette dette représente 46,6 milliards d'euros pour SNCF Réseau à la fin de l'année 2017. Cette reprise est donc importante parce qu'une société anonyme ne peut pas avoir un taux d'endettement tel qu'on a aujourd'hui, c’est-à-dire 23 fois le résultat d'exploitation.

Cette annonce n'a toutefois pas fait plier les grévistes. Le mouvement se poursuit aujourd'hui. Quel est le coût de la grève ?

La grève se poursuit mais avec un niveau plus faible : le nombre de grévistes baisse, même si cela reste important. On estime que c'est à peu près 20 millions d'euros par jour de grève. On n'a pas encore fait le calcul détaillé, mais c'est l'ordre de grandeur.

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