Grève SNCF pendant le bac : "Pas de garanties fermes et définitives" sur la circulation de trains selon la Fnaut

Deux TER en gare de Hazebrouck, dans le département du Nord
Deux TER en gare de Hazebrouck, dans le département du Nord (PHILIPPE HUGUEN / AFP)

Le président de la Fédération nationale des associations d'usagers des transports trouve "choquant" que les syndicats continuent la grève pendant la semaine du baccalauréat.

C'est une semaine loin d'être reposante qui débute lundi 18 juin pour les 750 000 candidats au baccalauréat. Au stress des épreuves se rajoute l'angoisse de ne pas avoir de train à cause de la grève SNCF. Le mouvement se poursuit lundi et vendredi. La CFDT est le seul syndicat à avoir appelé à la suspension de la grève. "On n'a pas de garanties fermes et définitives" qu'il y aura des trains, a dénoncé, dimanche sur franceinfo, Bruno Gazeau, le président de la Fédération nationale des associations d'usagers des transports (Fnaut).

franceinfo : Avez-vous eu des garanties sur les trains pendant le baccalauréat ?

Bruno Gazeau : On a des assurances de la SNCF d'avoir essayé, en contact avec les rectorats et par organisation interne, de mettre les trains avec des conducteurs là où il y a des besoins pour que les jeunes puissent rejoindre les centres d'examens. Je crois que la SNCF a bien anticipé, simplement je ne suis pas certain que la SNCF soit garante que toutes les situations difficiles seront traitées. Mais elle a bien anticipé le sujet et elle s'est mise en mesure de répondre au mieux aux problèmes. J'ai quand même du mal à comprendre que les syndicats ne soient pas sensibles aux difficultés des jeunes qui passent le baccalauréat une fois dans leur vie.

La CFDT a suspendu son mouvement de grève. Elle a demandé aux autres syndicats de ne pas perturber les TER et RER lundi et vendredi. Vous avez l'espoir qu'elle soit entendue ?

Je trouve que c'est responsable de la part de la CFDT. Je regrette qu'elle ne soit pas entendue par les autres organisations syndicales et j'ai eu l'occasion de leur dire. Que le mouvement de grève - qui d'ailleurs maintenant devrait s'achever puisque la loi est votée - affecte les adultes, ça fait partie du droit de grève. Que les syndicats n'aient pas dans leurs préoccupations de tenir compte du fait que des jeunes vont passer le bac, alors que pour eux c'est important, ça n'arrive qu'une fois dans leur vie, qu'on rajoute du stress à leur stress, je trouve ça assez surprenant et assez choquant. J'aurais apprécié que les syndicats fassent un geste vis-à-vis des jeunes.

Pensez-vous que le front syndical va se disloquer ?

La grève arrive à un point où la loi est désormais votée. C'est sûr que le droit de grève existe et il peut être préservé, mais dans un régime démocratique, c'est quand même le gouvernement qui fait la loi, ce ne sont pas ni les syndicats ni la rue. La poursuite du mouvement de grève continue d'éloigner et de diviser les cheminots et les usagers, donc ce n'est quand même pas une bonne chose. Et moi je souhaite que ce mouvement, qui n'est pas compris par la population, s'arrête maintenant ou soit au moins suspendu. Un nouveau cycle de négociations recommence pour les garanties au sein de la branche, pour ceux qui seront embauchés dorénavant.

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