Grève SNCF pendant le bac : la SNCF a mis en place un dispositif qui comprend "des bus de substitution" et "des numéros d'appel"

Une agent de la SNCF renseigne des voyageurs à Marseille, le 16 juin 2014.
Une agent de la SNCF renseigne des voyageurs à Marseille, le 16 juin 2014. (RUOPPOLO GUILLAUME / MAXPPP)

Mathias Vicherat, directeur général adjoint de la SNCF a détaillé, dimanche 17 juin sur franceinfo, le dispositif à destination des candidats au baccalauréat, pendant la grève des cheminots.

Ce lundi 18 juin débute le bac 2018, le 28 juin ce sera le brevet et la grève des cheminots continue malgré l'adoption définitive de la réforme cette semaine par le parlement. Dès lundi 18 juin, la SNCF va mettre en place un dispositif pour ne pas pénaliser les candidats au bac. Invité dimanche 17 juin sur franceinfo, Mathias Vicherat, directeur général adjoint de la SNCF détaille ce dispositif : "Ce sont quatre choses : des trains garantis la veille, des bus de substitution, des milliers d'agents en gare et des numéros d'appel". Concernant la récente division des syndicats, Mathias Vicherat souhaite : "qu'à un moment, toutes les avancées de la négociation et toutes les avancées dans le cadre du pacte ferroviaire - et elles sont nombreuses - puissent être réellement entendues".

franceinfo : La SNCF va mettre en place lundi 18 juin un dispositif pour ne pas pénaliser les candidats au bac, concrètement qu'est-ce que ce sera ?

Mathias Vicherat C'est un dispositif qu'on a mis en place dès le 14 mai, puisque depuis cette date il y a eu toute une série d'examens qui ont été vus avec le ministère de l'Education nationale - que ce soit des BTS, des brevets professionnels, des CAP et des BEP - et le dispositif a été rodé. Là, on change d'échelle puisque avec le bac pour le 18 et le 22 juin et le brevet le 28 juin, il y a beaucoup plus de candidats. Notre dispositif ce sont quatre choses : d'abord des trains garantis la veille (il peut être utile d'aller sur l'application SNCF pour vérifier si son train circule lundi) notamment pour ceux qui acheminent vers des centres d'examen. Ensuite, des bus de substitution au cas où un train ne roulerait pas. La troisième ce sont des milliers d'agents en gare et notamment des gilets rouges avec un badge 'SNCF exam' qui permettront de donner l'information la plus fiable aux candidats dans 200 gares française. Et la dernière chose, ce sont des numéros d'appel qui sont accessibles sur le site SNCF.com dans toutes les régions pour permettre à la SNCF, par exemple si un train a du retard, de prévenir le centre d'examen - c'est vu avec le ministère de l'Education nationale - une sorte de mot d'excuse téléphonique pour indiquer que le retard n'est pas dû au candidat mais à un problème de circulation. Ce numéro permet aussi une dernière chose, qu'on a déjà testée avec une centaine de candidats depuis le 14 mai, c'est la possibilité d'affréter un taxi aux frais de la SNCF pour amener le candidat au centre d'examen.

Vous ne craignez pas de mettre le feu aux poudres avec les syndicats ? Qu'on vous reproche de vouloir casser la grève ou en tout cas de vouloir diviser une nouvelle fois la population entre les cheminots et les usagers ?

Je ne sais pas si on peut dire que les syndicats ont tous la même position sur le sujet. L'Unsa, notamment, avait demandé à l'interfédérale de suspendre le mouvement pendant le bac, l'Unsa n'avait pas été suivie. Puis, la CFDT a demandé cette suspension pendant le bac et n'a pas été reçue par l'intersyndicale non plus. On voit que dans la mobilisation, demain par exemple, on a un chiffre de mobilisation et de grévistes plus bas que d'habitude, notamment pour les conducteurs et les contrôleurs.

Aujourd'hui les syndicats sont divisés mais au fond, c'est ce que vous souhaitiez à la SNCF ?

On ne se fait pas observateur de l'organisation et des contentieux au sein des organisations syndicales. Ce qui est sûr, c'est que depuis le début de la grève le 3 avril, on a optimisé et amélioré progressivement notre plan de transport - il faut se rappeler qu'il n'y avait que 13% de TGV en début de grève - lundi 18 juin les trois quarts des TGV circuleront. Evidemment, nous nous souhaiterions qu'à un moment, toutes les avancées de la négociation et toutes les avancées dans le cadre du pacte ferroviaire puissent être réellement entendues et elles sont nombreuses : 35 milliards de reprise de dette par l'Etat, une dizaine d'amendements qui relèvent de demandes des syndicats retenus par le gouvernement dans le cadre de la loi qui a été votée définitivement jeudi 14 juin. Nous aimerions donc qu'à un moment on considère que cette négociation a permis d'entendre les syndicats et que maintenant il faut aussi entendre les usagers.

Le plus dur reste à venir puisque maintenant il va falloir négocier à nouveau avec les syndicats sur la convention collective ? Ne pensez-vous pas que les syndicats vont tout faire pour que la convention collective se rapproche assez du statut des cheminots ?

Il y a trois sujets dans le cadre du pacte ferroviaire voté par la loi : il y a un nouveau statut pour l'entreprise qui passe en société nationale, il y a l'extinction du statut des cheminots à partir de 2020 et il y a aussi un point très important qui est la reprise de dette. Dans ce cadre-là, il y a des négociations de branches - c'est la convention collective mentionnée - et puis un pacte d'entreprise, négocié au niveau de l'entreprise pour avoir un nouveau cadre contractuel. Tout cela prend du temps, c'est entre 6 et 18 mois, donc on peut considérer que l'appel de la CGT à continuer la grève au-delà de l'été est un peu décalé, puisqu'en réalité le pacte ferroviaire d'un point de vue législatif s'est terminé jeudi 14 juin. Maintenant, s'ouvrent des négociations qui vont se dérouler sur 18 mois.