Grève SNCF : moins de grévistes, mais toujours aussi déterminés

Des militants Sud Rail lors de la manifestation du 22 mai 2018 à Paris.
Des militants Sud Rail lors de la manifestation du 22 mai 2018 à Paris. (BERTRAND GUAY / AFP)

La 12e vague de grève à la SNCF commencée lundi semble moins suivie que les précédentes. Pourtant, dans les assemblées générales de cheminots, le ton reste mobilisateur.

La 12vague de grève à la SNCF se déroule lundi 28 et mardi 29 mai. Un épisode qui semble moins suivi que les précédents, mais les cheminots grévistes restent fortement mobilisés. Certains se sont donné rendez-vous en gare du Nord à Paris. Ils sont une petite centaine à écouter les prises de parole qui se succèdent. Dans les rangs se trouvent surtout des militants de Sud rail, mais aussi quelques-uns de la CGT et de Force ouvrière.

Un coup de com' du gouvernement

Au coeur des discussions, la réunion de vendredi 25 mai à Matignon entre Édouard Philippe et les représentants syndicaux. Mais personne n'est dupe. "C'était un gros coup de com' de la SNCF et du Premier ministre", analyse un cheminot au micro franceinfo. "Qui ici fait grève pour la reprise de la dette ? Aujourd'hui, ce qui va nous faire gagner, c'est le blocage et la paralysie. C'est bien beau de dire 'non' à 95% par un vote-action, quand on n'est plus que 15% de grévistes aujourd'hui", poursuit-il.

D'où une certaine amertume chez les grévistes qui sentent que le mouvement leur échappe. Ils pointent du doigt les syndicats dits réformistes, la CFDT et l'UNSA qui se rapprochent tout doucement de la sortie de grève. "Laurent Berger a déclaré vouloir sortir au plus vite du conflit, renchérit cette salariée. Il parle d'avancées et de réelles discussions avec le gouvernement. Il ne lui en faut pas beaucoup pour être content ! Mais ce qui est surprenant, ce ne sont pas ces directions syndicales qui cherchent à quel moment elles pourront quitter le navire sans trop se déconsidérer. Ce qui est surprenant, c'est qu'elles y soient restées aussi longtemps."

Bientôt la fin de l'intersyndicale?

Du coup, la question de l'avenir de l'intersyndicale est posée avant même que la CFDT et l'UNSA n'annoncent clairement leurs intentions. Chez les militants de Sud rail, on se dit qu'il faut la quitter, quoi qu'il en soit. "L'unité syndicale, ce n'est que de la façade, reprend un autre cheminot. On sait très bien que l'UNSA et la CFDT ne sont pas intéressées par le transfert de personnel. Ils ont déjà vendu une moitié de l'entreprise et plein de choses qui vont avec. J'ai eu une discussion avec la fédération Sud rail et ils vont quitter l'intersyndicale, c'est clair et net". Malgré tout, il garde sa motivation.

Aujourd'hui, notre seul moyen de gagner est de bloquer le pays et l'outil de travail, de durcir le rapport de forces et de trouver la meilleure stratégie pour bloquer l'activité.Un cheminot de Sud railà franceinfo

D'ici là, les cheminots ont prévu des actions plus pacifiques comme manifester aux côtés de tous les autres syndicats encore unis, mardi, à la mi-journée. Ce sera devant le Sénat qui commence à examiner le projet de loi de réforme ferroviaire.

Gare du Nord à Paris, les cheminots grévistes ne désarment pas. Le reportage de Guillaume Gaven
--'--
--'--

Vous êtes à nouveau en ligne