Grève à la SNCF : "On ne va pas brader un siècle de convention collective des cheminots parce qu'il y a le bac"

Banderole \"Sud-Rail ne vous laissera pas casser la SNCF\" accrochée sur les grilles de la gare de l\'Est à Paris, le 14 mai 2018.
Banderole "Sud-Rail ne vous laissera pas casser la SNCF" accrochée sur les grilles de la gare de l'Est à Paris, le 14 mai 2018. (ERIC FEFERBERG / AFP)

Fabien Dumas, secrétaire fédéral de Sud-Rail, a estimé, dimanche 17 juin sur franceinfo, que la grève des cheminots se justifie encore malgré l'adoption définitive de la loi par le Parlement.

La grève contre la réforme ferroviaire continue, avec une 16e séquence qui a commencé samedi 16 juin au soir pour se terminer mardi matin. Pour Fabien Dumas, secrétaire fédéral de Sud-Rail, la grève se justifie encore malgré l'adoption définitive de la loi par le Parlement cette semaine. "La fin du processus législatif n'entame en rien la colère des cheminots contre cette loi, donc le but c'est toujours le retrait de cette loi", a expliqué le responsable syndical sur franceinfo dimanche 17 juin 2018. Interrogé sur le fait de maintenir la grève lundi 18 juin, jour de l'épreuve de philosophie du bac, Fabien Dumas assume.

franceinfo : La grève à la SNCF se poursuit en pleines épreuves du bac. Ne craignez-vous pas que le mouvement devienne de plus en plus impopulaire ?

Fabien DumasOn ne va pas brader un siècle de convention collective des cheminots parce qu'il y a le bac en 2018. Après ça va être quoi ? La Coupe du monde ? Les courses de Noël ? Il y a toujours une bonne raison, d'après ce gouvernement, pour ne pas se battre contre lui. Nous on se bat, bac ou pas. Les bacheliers ont le temps de prendre leurs dispositions. Évidemment que cette grève a des conséquences, mais une grève qui n'a pas de conséquences ne sert à rien.

La CGT et Sud-Rail envisagent de poursuivre cet été la grève contre la réforme ferroviaire entamée début avril, malgré l'adoption définitive de la loi par le Parlement cette semaine. Pourquoi ?

Le but c'est toujours le même. L'avis des cheminots sur cette loi n'a pas changé. Quand ils ont été consultés, 95% d'entre eux ont dit qu'elle était mauvaise. Elle est mauvaise pour les cheminots et pour les usagers. La fin du processus législatif n'entame en rien la colère des cheminots contre cette loi, donc le but c'est toujours le retrait de cette loi.

Le front syndical semble se fissurer, la CFDT et l'Unsa ont noté des avancées dans les discussions avec le gouvernement. Qu'en pensez-vous ?

Le front syndical peut se fissurer, ça ne change rien. La grève appartient aux grévistes, ce sont les grévistes qui décideront. Ce sont les cheminots qui font grève ou pas. La capacité mobilisatrice de l'Unsa ou de la CFDT... je ne suis pas sûr que ce soient eux qui soient entendus. La CGT et Sud-Rail c'est plus de 51% des cheminots qui ont voté pour eux aux dernières élections professionnelles.

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