Grève à la SNCF : le directeur général adjoint "est désolé pour la gêne que vont subir les centaines de milliers de passagers"

Mathias Vicherat, directeur général adjoint de la SNCF, le 27 février 2017, à Paris.
Mathias Vicherat, directeur général adjoint de la SNCF, le 27 février 2017, à Paris. (MAXPPP)

Mathias Vicherat, directeur général adjoint de la SNCF, a indiqué, lundi sur franceinfo, les différentes solutions mises en place pour faire face à la grève dans la compagnie ferroviaire, mardi et mercredi.

La grève perlée à la SNCF, qui débute dans la soirée du lundi 2 avril, s'annonce très suivie avec 48% de grévistes. Les prévisions pour mardi et mercredi affichent un TGV sur huit en circulation, 13% d'Intercités, un TER sur cinq, et 28% pour Transilien. Le "plan de transport" bâti pour ces deux jours "ne permettra pas de compenser l'absence de trains", a admis Mathias Vicherat, lundi 2 avril sur franceinfo.

franceinfo : Prévoyez-vous des excuses pour les usagers de la SNCF ?

Mathias Vicherat On est désolés pour la gêne que vont subir les centaines de milliers de passagers le 3 et le 4 [avril]. On a reçu, samedi soir, le taux de grévistes prévisionnel. À partir de là, on a bâti un plan de transport. Les retours du week-end de Pâques sont assurés. Pour le 3 et le 4, le trafic va être très perturbé. Nous avons mis en place deux actions. La première est l'obligation d'information la veille à 17h - vous recevrez un e-mail ou un texto si vous avez une réservation. L'autre obligation est la mobilisation des moyens du groupe avec iDVROOM, société de covoiturage gratuit et multiplication par cinq du nombre de réservations et Ouibus avec 100 bus de plus pendant les jours de grève. Et puis d'autres moyens sont mis en place notamment l'auto-stop citoyen. Évidemment, tout ce qu'on met en place ne permettra pas de compenser l'absence de trains. Je rappelle qu'il y a quatre millions et demi de voyageurs par jour et 15 000 trains qui circulent par jour.

Les syndicats vous reprochent de vouloir casser la grève en annonçant une prime pour les cadres qui viendront conduire un train. Était-ce une maladresse ?

On ne brise pas la grève. On a demandé à des cadres de venir être conducteur, contrôleur, aiguilleur pour maximiser le nombre de trains qui pouvaient rouler. En situation perturbée, il a toujours été d'usage que l'entreprise recourt à des cadres pour donner un coup de main. Ce dispositif n'est pas neuf. Ce dont on parle, c'est un dispositif qui concerne les cadres intermédiaires, qui pourront avoir une prime de 150 euros par mois s'ils font à peu près 10 trains par an, quelle que soit la situation perturbée. Il n'y a aucun lien avec la grève. Un cadre qui s'inscrit dans ce dispositif, mais qui fera grève pourra toujours avoir cette prime parce qu'il pourra donner un coup de main au moment d'un épisode neigeux ou d'un grand départ en vacances.

La grève perlée est-elle plus compliquée pour vous en terme d'organisation ?

Première chose, ça nous demande une organisation spécifique, avec un plan de transport à organiser tous les trois jours. La deuxième chose, c'est qu'on aimerait que la grève soit deux jours sur cinq, mais sur les quatre syndicats représentatifs, Sud appelle à la grève reconductible. Donc quelle sera la situation du 5 avril, qui normalement est une journée non grevée, si le syndicat appelle à la grève ? Demain, dans la soirée, on saura quelle est la situation pour le 5 et on s'y préparera.

La réforme du rail prévoit un nouveau statut de cheminot pour les nouveaux entrants. Deux statuts au sein d'un même groupe, est-ce concevable ?

C'est déjà ce qui existe. Il y a 90% des cheminots qui sont au statut, 10% qui sont contractuels. Avoir un focus sur le statut, c'est avoir une forme d'œillère, parce que la réalité de cette réforme est beaucoup plus large que ça. Cette réforme est faite pour qu'il y ait plus de trains, un meilleur rapport qualité - avec en moyenne une baisse de 15% sur les prix - et que la SNCF puisse tirer son épingle du jeu dans le cadre concurrentiel. Le sujet du statut est lié à la concurrence parce qu'il est normal que les nouveaux embauchés soient aux mêmes conditions de travail que les salariés du secteur qui vont entrer en concurrence avec la SNCF. C'est une question d'équité.