"En neuf mois, on a supprimé 900 agents dans les gares" : les cheminots de nouveau dans la rue contre la réforme de la SNCF

Une manifestation de cheminot à Dijon en avril 2018.
Une manifestation de cheminot à Dijon en avril 2018. (FANNY BOUVARD / FRANCE-BLEU BOURGOGNE)

Les quatre syndicats de la compagnie ferroviaire appellent à manifester à Paris mardi 4 juin.

Un an après leur longue grève en pointillés, les cheminots manifestent de nouveau mardi 4 juin. Les quatre syndicats représentatifs de la SNCF (CGT, Unsa, SUD et CFDT) appellent à une manifestation nationale à Paris, à partir de 13 heures, entre la place d'Italie et Montparnasse. Ils dénoncent toujours la réforme ferroviaire adoptée en juillet 2018 et ses conséquences au sein de la compagnie, où la situation sociale est jugée alarmante par les représentants du personnel.

Des salariés désabusés

Certains n'hésitent pas à parler d'un nouveau France Télécom, avec une hausse inquiétante des suicides au sein de la SNCF alors que d'autres sont plus prudents sur ce point. Mais les syndicats semblent en tout cas unanimes pour dénoncer un gros malaise en interne. "Il y a de la tension et des cheminots qui sont désabusés, raconte Didier Aubert, secrétaire général de la CFDT-cheminots. Certains cherchent à quitter l'entreprise parce qu'ils ne se retrouvent plus dans la vision qu'ils avaient du service public."

Les négociations sur la convention collective patinent

Les syndicats pointent du doigt les réorganisations forcées au sein de l'entreprise. Pour Laurent Brun, de la CGT, c'est une conséquence directe de la réforme ferroviaire : "En neuf mois, on a supprimé 900 agents dans les gares et quasiment 150 gares sur 900 sont menacées ! On commence à voir les effets de la réforme."

Autre sujet d'inquiétude : les négociations sur la convention collective. Elle est censée remplacer le statut de cheminot à partir du 1er janvier 2020 pour les nouveaux embauchés, mais les discussions sont au point mort. "Aujourd'hui, nous n'avons pas une seule ligne concrète qui est écrite, déplore Didier Aubert. Que ce soit sur la protection sociale ou la classification des rémunérations, nous n'avançons pas."

Autant de motifs qui devraient contribuer à une mobilisation importante. Les syndicats espèrent au moins 15 000 manifestants dans les rues de Paris.

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