A l'origine du mouvement social à la SNCF, un accident sur un passage à niveau dans les Ardennes

L\'accident a eu lieu à un passage à niveau situé à Saint-Pierre-de-Vence (Ardennes), le 16 octobre 2019.
L'accident a eu lieu à un passage à niveau situé à Saint-Pierre-de-Vence (Ardennes), le 16 octobre 2019. (ALI BENBOURNANE / FRANCE 3 GRAND-EST)

Le conducteur du train, seul agent à bord lors de cet accident qui a fait 11 blessés légers mercredi, a dû gérer la situation en attendant l'arrivée des secours.

Les fortes perturbations du trafic observées vendredi 18 octobre à la SNCF sont dues à "mouvement social inopiné" de la part de certains cheminots ayant exercé leur droit de retrait à la suite d'un accident.

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Cet accident qui a fait onze blessés légers, selon la préfecture, s'est produit mercredi sur un passage à niveau de Saint-Pierre-sur-Vence, près de Charleville-Mézières (Ardennes). Vers 16h15, un train express régional (TER) a percuté un convoi exceptionnel, rapporte France 3 Grand-Est. Le conducteur, blessé à la jambe, était le seul agent à bord et a dû gérer la situation tout seul.

Des conducteurs seuls à bord des trains

Jeudi, au lendemain de l'accident, des cheminots de la région Grand-Est ont fait valoir leur droit de retrait, occasionnant ainsi des perturbations régionales. Un "mouvement social inopiné lié à l'émotion compréhensible des agents", selon la SNCF. "Contrairement à ce qui a été dit par la direction, il ne s'agit pas de cas en lien avec leurs émotions personnelles mais d'une situation inhérente au fonctionnement du dispositif 'Equipement Agent Seul'", a rétorqué un représentant du syndicat Sud Rail.

Ce dispositif "Equipement Agent Seul", mis en place dès fin 2018, prévoit la présence d'un seul agent – le conducteur – à bord de certaines rames. Il est vivement critiqué par certains syndicats, qui exigent la présence d'un contrôleur à bord de tous les trains. Ce vendredi, dans plusieurs régions, la CGT Cheminots a donc invité les agents à suivre ce mouvement.

Invité sur BFMTV, le secrétaire d'Etat aux Transports, Jean-Baptiste Djebbari, a contesté la légitimité de ce mouvement déclenché sans préavis. "Dire que l'on opère un droit de retrait qui n'en est pas un, c'est pénaliser l'usager", a-t-il lancé. "On n'instrumentalise pas un événement de sécurité pour faire valoir une position politique. La CGT conteste que les conducteurs de trains soient seuls, c'est le cas depuis dix ans", assure-t-il.

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