Grève à la SNCF : "On a le sentiment qu'il y a une recherche de galère maximale pour les usagers", regrette une association d'usagers

Les rails de la gare Lyon-Perrache, en juin 2016.
Les rails de la gare Lyon-Perrache, en juin 2016. (JEFF PACHOUD / AFP)

Bruno Cazeau, le président de la Fédération nationale des association d'usagers des transports s'est inquiété mercredi sur franceinfo des conséquences que la grève perlée des cheminots allaient avoir sur les usagers.

Alors qu'une journée de manifestation et de grève est prévue jeudi 22 mars dans les services publics et aussi chez les cheminots, l'association d'usagers Fnaut - Fédération nationale des association d'usagers des transports - a réagi mercredi sur franceinfo. Pour Bruno Cazeau, son président, les prochaines semaines seront complexes en raison de la grève perlée des cheminots prévue dès le 3 avril.

franceinfo : La mobilisation de ce jeudi va-t-elle, selon vous, donner le ton des trois mois de grève perlée annoncés à la SNCF ?

Bruno Cazeau : Il me semble que c'est une grève d'avertissement importante puisqu'elle a l'air très suivie. C'est une grève qui demain [jeudi] est traditionnelle alors que le mouvement de grève à partir du 3 avril est beaucoup plus original. Donc, je pense que jeudi les organisations syndicales et les salariés cheminots souhaitent adresser un message d'alerte à leur direction et au gouvernement.

Que pensez-vous de cette nouvelle forme de grève perlée, de deux jours sur cinq ? Est-ce plus transparent vis-à-vis des usagers ?

À la Fnaut, nous respectons totalement le droit de grève, c'est un droit démocratique. Mais le respect du droit de grève par les usagers devrait s'accompagner d'un respect analogue des organisations syndicales à l'égard des usagers. Or, on a le sentiment qu'il y a là, la recherche d'une galère maximale pour les usagers. Les dates [du calendrier de grève dévoilé par les syndicats] sont fixes mais la grève commence avant, elle se termine après, et il faut remettre en état le réseau. Donc, les perturbations vont s'étaler non pas sur deux jours mais sur quatre jours, avec beaucoup d'incertain. La preuve, c'est qu'on ne sait pas si on peut prendre un billet, ou pas de billet, ou quels trains vont circuler. C'est à la fois une période de vacances, mais où les gens continuent à travailler, doivent aller dans les hôpitaux, les écoles, etc. Donc cette mobilité va être très perturbée et on a le sentiment que dans cette affaire l'usager est ballotté de gauche à droite sans savoir vraiment ce qui va lui arriver.

Comment interprétez-vous le choix de ce mode de grève ?

C'est pour peser un maximum dans les négociations qu'ils auront avec le gouvernement. Dans cette négociation, les syndicats parlent beaucoup du statut, moi je voudrais parler de la qualité de service. Parce que ce qui intéresse les usagers c'est que les trains soient fiables et qu'ils arrivent à l'heure. Or, on a vu dans le passé que cette fiabilité de la SNCF s'était beaucoup dégradée. On a beaucoup d'incidents, on a des taux de ponctualité qui sont compris entre 80 et 90% ce qui est très insuffisant, nous on demande à ce qu'il soit entre 96 et 98%. Et je ne sais pas s'ils vont parler de cela. Il faut que la SNCF se réorganise pour donner une meilleure qualité de service.

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