Gare Montparnasse : le syndicat First assure que la situation "risque d'être pire" avec le regroupement des postes d'aiguillage par la SNCF

Des passagers en attente d\'informations à la gare Montparnasse, à Paris, le 3 décembre 2017.
Des passagers en attente d'informations à la gare Montparnasse, à Paris, le 3 décembre 2017. (MARTIN BUREAU / AFP)

Bernard Aubin, secrétaire général du syndicat de cheminot First, a expliqué, lundi sur franceinfo, que la SNCF ne savait pas maîtriser les pannes alors qu'un incident de signalisation a bloqué la circulation à la gare de Montparnasse à Paris, dimanche.

"On n'a pas prévu de plan B" en cas de panne, a expliqué, lundi 4 décembre sur franceinfo, Bernard Aubin. Le secrétaire général du syndicat de cheminot First a réagi alors qu'une nouvelle panne a frappé la gare Montparnasse à Paris, dimanche

franceinfo : Comment expliquez-vous une telle situation ?

Bernard Aubin : Au départ, dans la gestion des installations, il y avait des postes d'aiguillage, d'électromécanique. Il y avait un périmètre relativement limité. Avec la modernisation de ces postes, on est passé à des périmètres beaucoup plus élargis et on a induit dans le fonctionnement de la SNCF quelque chose qui n'existait pas en technologie ferroviaire : le bug informatique. Maintenant, avec ces postes au périmètres extrêmement larges, un simple bug d'ordinateur paralyse la circulation non plus sur un seul itinéraire, mais sur tout un ensemble de voies. C'est ce qui est arrivé en août et c'est ce qui arrive encore aujourd'hui. Cela pose donc une véritable question. Le progrès technique c'est bien, mais à condition qu'il soit maîtrisé. Ce genre de situation démontre qu'il n'y a pas de maîtrise des pannes. On n'a pas prévu de plan B.

Pourquoi n'y a-t-il-pas de plan B ?

La SNCF avance le fait qu'en cas de problème, comme celui qu'on a rencontré dimanche, on peut détourner un certain nombre de trains sur d'autres gares. Pour moi, ce n'est pas un plan B, c'est un plan C. Le plan B, ça consiste à gérer au moins un minimum de circulation et d'aboutir au départ des trains concernés. Cela risque d'être pire parce que la SNCF prévoit de rapatrier les fonctions de 1 500 postes, qui sont parsemés sur le territoire français, au centre de 16 postes informatisés régionaux. Donc, si on ne prévoit pas de plan B, demain on ne parlera pas d'un problème à la gare de machin ou à la gare de truc, mais on va parler de paralysie sur une partie entière du réseau français.

A quoi est-ce dû ?

C'est un problème de cahier des charges. On a précipité des choses, on a été ébloui par les possibilités offertes par la technologie, les ordinateurs, etc. On a supprimé énormément de postes et d'installation pour tout reporter sur l'informatique, mais le problème c'est qu'on a oublié que l'informatique, ça bugge. Visiblement, à la SCNF, l'informatique ne fait pas l'objet d'une procédure particulière qui permettrait à ces postes de circuler de manière dégradé et de permettre un minimum d'acheminement.

La panne a été détectée en deux heures au lieu de trois jours en juillet. Les choses avancent ?

Il y a du mieux, il faut le souligner. La SNCF a été réactive. Elle ne se contente pas de constater un certain nombre de dysfonctionnements, elle réagit en temps et en heure. Mais ça ne résout pas le problème du cahier des charges. Ce serait mieux de pouvoir mettre en œuvre très rapidement, quand il y a ce genre de panne, une gestion au moins a minima d'un certain nombre de circulations.