La rame d\'essai d\'un TGV qui a déraillé, le 14 novembre 2015, à Eckwersheim (Bas-Rhin).
La rame d'essai d'un TGV qui a déraillé, le 14 novembre 2015, à Eckwersheim (Bas-Rhin). (FREDERICK FLORIN / AFP)

Accident de TGV à Eckwersheim : "Une mise en examen de la SNCF s'impose", estime l'avocat des familles de victimes

La SNCF est convoquée le 20 décembre dans le cadre de l'enquête sur le déraillement d'un TGV d'essai à Eckwersheim (Bas-Rhin) le 14 novembre 2015. L'accident avait fait 11 morts et 42 blessés. Invité de franceinfo mardi 14 novembre, Claude Lienhard, l'avocat des familles de victimes, estime qu'"une mise en examen s'impose", compte tenu des responsabilités de la société ferroviaire pointées dans un rapport sur l'accident. 

franceinfo : Que s'est-il passé exactement lors de cet accident de TGV ?

Claude Lienhard : À bord de ce train d'essai, vous aviez des techniciens de la SNCF et des invités qui n'avaient aucune idée qu'ils étaient exposés à un risque. On a méconnu le danger. Les causes de l'accident aujourd'hui sont connues parce qu'on a un rapport du BEA [BEA-TT : Bureau d'enquêtes sur les accidents de transport terrestre], un rapport d'experts accablant qui vient d'être déposé. Ce train d'essai allait trop vite et on a freiné trop tard parce qu'on n'a pas pris les précautions nécessaires. Les invités, des familles, des enfants, des personnes ont eu un sentiment de trahison parce qu'ils ont été exposés à quelque chose qui n'aurait pas dû être.

La SNCF est convoquée le 20 décembre par le juge chargé de l'enquête. Qu'en attendez-vous ?

La mise en examen est un souhait à ce stade et une nécessité. Ce qui a été mis en évidence par les experts, c'est-à-dire le manque de rigueur, de coordination, de suivi, de formation des personnels d'essai laissés à eux-mêmes pose des questions très importantes. Une mise en examen s'impose parce que l'on pourra avoir, devant les juges d'instruction, un débat. La SNCF a des arguments, elle pourra se défendre, mais je pense qu'elle aura beaucoup de difficultés à apporter des éléments concrets.

La filiale de la SNCF, Systra, qui s'occupe des essais est également convoquée par la justice. Est-elle directement responsable de l'accident ?

Il y a des éléments qui ont été mis en évidence, qui posent problèmes par rapport au choix du personnel, par rapport à l'absence de retour d'expérience sur des incidents les jours antérieurs, sur le fait qu'il y avait une inculture du risque. On a laissé les personnels de la SNCF et de Systra, sans la formation nécessaire, procéder à ce que j'appellerai du 'bricolage cognitif'. On a fait comme on pouvait, alors qu'on aurait dû avoir un cadre beaucoup plus rigoureux pour des essais de cette nature.

Guillaume Pepy, président du directoire de la SNCF, se rend mardi à Strasbourg pour rencontrer les familles des victimes. Qu'attendez-vous de cette réunion ?

La présence de Guillaume Pepy est importante. C'est une reconnaissance de ce qui s'est passé, mais cela ne suffira pas. Il y a la partie reconnaissance et ensuite la partie établissement de la vérité. Là, je pense que ce qu'attendent les familles c'est que les responsabilités soient assumées. Même s'il y a des aspects technologiques qui peuvent être discutables, il y a des choses qui doivent être à ce stade reconnues.

Accident de TGV à Eckwersheim : "Une mise en examen de la SNCF s'impose", Claude Lienhard, avocat des famille de victimes
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