Sécurité routière : bientôt 80 km/h sur les routes secondaires ?

(Doménégo Radio France)

Réduire la vitesse de 90 à 80 km/h sur les routes secondaires d'ici 2020. C'est la solution envisagée dans un rapport par le comité d'experts du Conseil national de la sécurité routière.

La vitesse est dans le collimateur du comité d'experts du Conseil national de la sécurité routière (CNSR). Dans un rapport remis en début de semaine au député du Bas-Rhin Armand Jung, ces experts recommandent de baisser la vitesse sur les routes bidirectionnelles - comprendre sans séparation centrale - de 90 à 80 km/h. Cette mesure permettrait selon eux de passer sous la barre des 2.000 morts sur les routes d'ici 2020.

"C'est la seule mesure, je dis bien la seule mesure, qui permettra d'atteindre cet objectif chiffré " défend Chantal Perrichon, présidente de la ligue contre la violence routière. La mesure, pour être efficace devrait s'appliquer au minimum sur les routes départementales, les plus dangereuses.

Le comité d'experts du CNSR estime que cette solution sauverait 200 à 450 vies par an en fonction de l'étendue de son application, uniquement sur les portions dangereuses ou sur l'ensemble du territoire.

Une mesure controversée

"Je reste convaincu que c'est en baissant davantage la vitesse sur les routes, et notamment sur les routes secondaires, que nous aurons une baisse de la mortalité " avait déclaré le ministre de l'Intérieur Manuel Valls en juin dernier avant de rappeler en juillet que la "sécurité routière est une priorité".

Pour Frédéric Roy, membre du bureau national de la Fédération française des motards en colère, réduire la vitesse n'est pas la bonne solution. "Quatre-vingt kilomètres-heure, c'est la même limitation de vitesse que les camions. On risque de se retrouver avec des voitures qui roulent moins vite que les camions. " Il estime que la vraie cible devrait être l'alcool au volant.

Alcool et obstacles

L'alcool, justement, est également  attaqué par le comité d'experts du CNSR. Solution proposée : des éthylotests anti-démarrage installés dans les véhicules de certains conducteurs, par exemple les jeunes conducteurs qui, alors, paieraient moins cher leur prime d'assurance.

Troisième piste pour réduire le nombre de tués : les obstacles sur le bord des routes. Les arbres, murs, poteaux ou fossés ont été impliqués dans 1.370 décès en 2012. Le comité recommande leur suppression ou l'installation de glissières de sécurité.

Au total, 3.653 personnes sont mortes sur les routes en 2012.