Projets de TGV reportés : "On ne va pas pouvoir terminer les chantiers actuels", assure Dominique Bussereau

(Eric Feferberg Reuters)

Dominique Bussereau, ex-secrétaire d'Etat aux Transports du précédent gouvernement, réagit vigoureusement au rapport Duron qui enterre le mythe du tout-TGV. 250 milliards d'investissements sur 20 ans avait prévu Sarkozy, "irréaliste financièrement et techniquement", a tranché l'actuel Premier ministre.

Le tout-TGV a-t-il vécu ? Le rapport Duron, remis ce jour au gouvernement, ne retient que deux lignes à grande vitesse, Bordeaux-Toulouse et la liaison Roissy-Picardie. Au nom d'un certain principe de réalisme...

Finis, les grands travaux prônés par le précédent gouvernement. D'ailleurs, l'objectif de 250 milliards d'euros d'investissements sur 20 ans est désormais considéré comme un "mensonge (...) irréaliste financièrement et techniquement" , selon les mots de Jean-Marc Ayrault.

"Un schéma du souhaitable, et non du possible", réagit l'ex-secrétaire d'Etat aux Transports Dominique Bussereau

Des propos qui font, forcément, réagir dans l'opposition. Surtout quand on a été l'un des architectes de ce plan d'investissements, à l'instar de Dominique Bussereau. Secrétaire d'Etat au Transports entre 2007 et 2010, il dit s'amuser de ces conclusions. Notamment en se souvenant du nombre d'élus locaux de gauche qui sont venus défendre la candidature de leur ville ou de leur région pour arracher le TGV...

Plus posément, Dominique Bussereau explique que le précédent gouvernement avait fait "un schéma du souhaitable, et non du possible" . "On savait bien, quand on parlait de doubler la ligne Paris-Lyon en passant par Clermont-Ferrand et Orléans, que ce n'était pas avant la saturation de la première ligne, soit une quinzaine d'années" - ce qui est prévu par le rapport.

Quant à l'histoire des 250 milliards, Dominique Bussereau botte en touche. Le plus inquiétant à ses yeux, c'est qu'en enterrant le tout-TGV "on ne va pas pouvoir terminer les chantiers actuels".  
Explication : "pour financer le Tours-Bordeaux, 8 milliards d'euros, on a demandé de l'argent à Limoges - parce qu'il devait y avoir une ligne Poitiers-Limoges - à Toulouse, au Pays Basque" ... Toutes ces collectivités, estime-t-il, risquent de stopper brusquement leur financement. Chantage ? "L'Etat ne tient pas sa parole, je ne vois pas pourquoi nous tiendrions la nôtre."

Vous êtes à nouveau en ligne