Prix des carburants : "Indépendamment des taxes, le prix est historiquement élevé"

Le seul levier est un levier fiscal, puisque le gouvernement n\'a aucune marge de manœuvre sur le prix du pétrole ou la valeur du dollar par rapport à l\'euro.
Le seul levier est un levier fiscal, puisque le gouvernement n'a aucune marge de manœuvre sur le prix du pétrole ou la valeur du dollar par rapport à l'euro. (PASCAL GUYOT / AFP)

Philippe Chalmin, spécialiste des matières premières, explique sur franceinfo que les causes des hausses de prix des carburants sont variées, et ne dépendent pas que de l'action du gouvernement.

Philippe Chalmin professeur d'histoire économique à l'Université Paris-Dauphine et spécialiste des matières premières, revient vendredi 2 octobre pour franceinfo sur la hausse des prix des carburants de ces derniers jours, qui suscite la colère de nombreux Français. Si les taxes de l'Etat sur les carburants ont beaucoup été pointées du doigt, Philippe Chalmin explique que les causes de ces hausses de prix sont variées, et ne dépendent pas que de l'action du gouvernement.

franceinfo : Comment peut s'expliquer la hausse des prix du diesel et du fioul ? Les Français ont accusé l'État, et les taxes, qu'en est-il réellement ?

Philippe Chalmin : Quand on achète du diesel, de l'essence, du fioul domestique, on achète trois composantes : du pétrole transformé, du dollar, car le prix du baril est fixé en dollar, et des taxes, imposées par l'État. Si on laisse de côté les taxes, on se rend compte, d'une part, que le prix du baril a assez augmenté sur les dix-huit derniers mois. Alors on est loin des sommets de 2008, mais le pétrole est relativement cher. Et d'autre part, la valeur du dollar par rapport à l'euro a rarement été aussi élevée. Donc, nous payons du pétrole relativement cher, dans un dollar qui vis-à-vis de l'euro est cher, donc indépendamment des taxes, le prix de la composante physique de ce que l'on achète est historiquement élevée.

Faut-il s'habituer à des prix aussi élevés ou cela va-t-il changer dans les jours à venir ?

Cela dépend de ce qui va se passer dans le golfe. Si les tensions s'accentuent, et que l'on imagine par exemple l'Iran envoyer des missiles dans le détroit d'Ormuz, alors le prix du baril pourrait monter à 150 dollars, et on aurait un prix à la pompe de 2 euros le litre. Si on imagine l'inverse, que tout se tasse dans le golfe, on aurait alors une détente des prix. De la même manière, on s'attend à un léger ralentissement de l'économie américaine qui est au bord de la surchauffe, ce qui aurait des impacts sur le dollar. Donc j'aurais tendance à imaginer une légère détente des prix du carburant pour l'année prochaine.

Quels sont les leviers que le gouvernement peut utiliser pour faire baisser la facture ?

Le seul levier est un levier fiscal, puisque le gouvernement n'a aucune marge de manœuvre sur le prix du pétrole ou la valeur du dollar pa rapport à l'euro, il ne reste donc que le levier fiscal, qui est assez malaisé à manipuler en raison de nos problèmes de déficit.

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