Changements sur la prime à la conversion : "Les clients s’y perdent, ils ne comprennent plus", déplore un concessionnaire

A partir du 1er août 2019, la prime à la conversion ne s\'applique plus aux véhicules de plus de 60 000 euros et les plafonds d\'émission du nouveau véhicule sont revus à la baisse.
A partir du 1er août 2019, la prime à la conversion ne s'applique plus aux véhicules de plus de 60 000 euros et les plafonds d'émission du nouveau véhicule sont revus à la baisse. (AURELIEN LAUDY / MAXPPP)

"Ils croient qu’il ne faut plus acheter de diesel, qu’il faut acheter des voitures électriques", affirme Michel Crossis, chef des ventes dans un concessionnaire Nissan à Saint-Lô, dans la Manche.

Depuis jeudi 1er août, la prime à la conversion ne s'applique plus aux véhicules de plus de 60 000 euros. Les plafonds d'émission du nouveau véhicule sont revus à la baisse, 116 grammes au kilomètre, contre 122 avant le 1er août. "Les clients s’y perdent, ils ne comprennent plus," a regretté sur franceinfo Michel Crossis, chef des ventes dans un concessionnaire Nissan à Saint-Lô, dans la Manche.

franceinfo : Y a-t-il eu dans votre concession un rush de clients avant que les règles changent ?

Michel Crossis : Comme toujours, dès que les règles changent on a encore des bons de commande qui se sont faits hier à la dernière minute. Le problème, c’est qu’il faut être bien sûr, puisque c’est nous qui avançons la prime à la conversion. On est remboursé par l’Etat quelques mois plus tard quand tout se passe bien. Ce sont des grosses sommes d’argent sur lesquelles il ne faut pas se tromper. On déplore le manque d’information sur ces changements : on est tributaire du texte et c’est à nous de nous débrouiller avec ça.

Comprenez-vous le choix du gouvernement ?

On comprend oui, comme toutes les aides de l’Etat, elle est budgétisée. Quand on voit qu’on arrive à 300 000 [demandes en 2018] alors qu’ils avaient budgétisé un million de demandes [sur tout le quinquennat], ils voient très bien qu’ils vont aller dans le mur. Le commerce étant en pleine transition, notamment avec l’électrification, ce n’était pas une bonne période pour tout changer.

Attendez-vous donc à un vrai coup de frein avec ces changements ?

Ça va baisser, c’est sûr. Le problème aujourd’hui, c’est qu'on a l’impression qu’on tape un peu sur le diesel. Il y a un double dialogue : on taxe les véhicules qui ont du CO2 puisqu’on baisse le grammage de CO2 ; par contre quand on parle de vignette, il n’y a pas que le CO2. Pour avoir la vignette Crit’Air 2, il y a aussi les émissions de particules. A puissance équivalente, un diesel rejette moins de CO2 qu’une essence. Les clients s’y perdent, ils ne comprennent plus. Ils croient qu’il ne faut plus acheter de diesel, qu’il faut acheter des voitures électriques, mais on a des problèmes de bornes qui ne sont pas implantés aujourd’hui. On a fait redécoller le marché de l’essence et on a un taux de CO2 rejeté qui augmente. Aujourd’hui, il faudrait peut-être qu’on roule tous en électrique, mais il y a encore un autre sujet sur l’électrique.

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