Polémique après le refus de la RATP d'un soutien aux "Chrétiens d'Orient" sur une affiche

Une femme passe devant une rame de métro parisien, le 28 octobre 2010.
Une femme passe devant une rame de métro parisien, le 28 octobre 2010. (MIGUEL MEDINA / AFP)

La régie publicitaire de la RATP a refusé la mention "au bénéfice des Chrétiens d'Orient" sur une affiche du groupe Les Prêtres. Explications. 

Les affiches pour le concert du groupe Les Prêtres à l'Olympia fleurissent sur les panneaux du métro parisien. Mais elles font aussi polémique. La RATP et sa régie publicitaire ont en effet refusé la mention "au bénéfice des chrétiens d'Orient", ce qui suscite l'incompréhension dans les milieux catholiques. Francetv info revient sur la controverse. 

Que s'est-il passé avec les affiches ? 

TF1 Entreprises, la production du trio musical créé par Mgr Jean-Michel Di Falco Léandri, avait prévu de mentionner via un bandeau que le concert parisien était organisé au bénéfice des chrétiens d'Orient, explique l'évêque de Gap, mercredi 1er avril. Les recettes du concert doivent être reversées à l'Oeuvre d'Orient, explique l'hebdomadaire catholique La Vie. Mais la RATP et sa régie publicitaire Metrobus s'y sont opposées, demandant que l'on retire "le logo de l'association et la référence aux chrétiens d'Orient".

Quelles réactions dans la "cathosphère" ?

Ce refus a surpris Mgr Di Falco Léandri. L'évêque s'est fendu d'un tweet pour dire son incompréhension, repris plus de 700 fois. 

"Ce n'est pas prendre partie dans un conflit à l'étranger que de vouloir venir en aide à des populations en danger, qu'elles soient chrétiennes, musulmanes ou autres", martèle-t-il. L'affaire a suscité beaucoup de réactions dans la "cathosphère" sur les réseaux sociaux, comme le souligne Libération. Le site Riposte laïque, proche de l'extrême-droite, épingle un "laïcisme (...) symptomatique de la haine à l’égard de la religion catholique". L'abbé Pierre Amar, blogueur connu dans les milieux conservateurs, évoque lui un "intégrisme laïc".

D'autres s'étonnent aussi d'un "deux poids, deux mesures", explique le quotidien : "De leur point de vue, la RATP n'hésiterait pas (...) à faire une sorte de promotion de l’islam" avec les affiches du Secours islamique pendant le ramadan par exemple. 

Que répond la RATP ?

Dans un communiqué diffusé mercredi et repris par Libération, la RATP et Metrobus invoquent, eux, le "principe de neutralité du service public". Elle estime qu’elle ne peut "prendre parti dans un conflit de quelque nature qu'il soit même si elle ne sous-estime pas l'émotion que suscite la situation dramatique des chrétiens d'Orient"

Interrogée sur le "deux poids, deux mesures", Metrobus explique que "la règle est différente pour les associations humanitaires". "Nous avons diffusé des affiches du Secours catholique" pendant l'affichage du Secours islamique, justifie-t-elle à Libération. 

Qu'en pensent les observateurs ? 

L'évêque de Gap a aussi reçu le soutien du député PRG des Hautes-Alpes, Joël Giraud. "J'ai été sidéré par une telle décision, car je ne vois pas en quoi un concert qui a pour objet de venir en aide à un peuple victime d'un génocide que dénonce avec force le gouvernement peut être une entorse à la laïcité", écrit le parlementaire dans ce courrier.

Pour l'Observatoire de la laïcité, contacté par Libération, l'argument de la laïcité ne marche guère. "Cela nous paraît une interprétation excessive", a réagi son rapporteur général, Nicolas Cadène.

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