MyFerryLink : vers un arrêt à la fin de l'année ?

(L'existence de MyFerryLink est directement menacée © MaxPPP)

Le PDG d'Eurotunnel, qui possède les bateaux de MyFerryLink, tire le signal d'alarme : si l'autorité britannique de la concurrence maintient son interdiction d'accoster à Douvres, la compagnie de ferries mettra la clé sous la porte. Le secrétaire d'Etat aux Transports dit suivre le dossier avec la plus grande attention.

Et si la compagnie MyFerryLink mettait tout bonnement la clé sous la porte ? C'est le patron d'Eurotunnel, Jacques Gounon, qui s'en émeut publiquement ce mardi. Histoire, sans doute, de provoquer un début de prise de conscience... qui n'a pas tardé : le ministère des Transports a fait savoir que Frédéric Cuvillier recevrait Jacques Gounon dans les prochains jours.

Jacques Gounon a prévenu que l'hypothèse la plus probable était un arrêt de la compagnie à la fin de l'année, comme le réclame l'autorité britannique de la concurrence (CMA). Frédéric Cuvillier a déjà fait savoir que cette interdiction était "inacceptable".

Un appel... sans doute trop tard

Que reprochent les Britanniques ? Que MyFerryLink soit adossé à Eurotunnel. Quand SeaFrance a coulé, Eurotunnel a racheté les bateaux qui sont exploités par une coopérative, une Scop, qui emploie 533 personnes en France et 71 en Grande-Bretagne. La CMA estime que les deux entités doivent être indépendantes. Elle leur laisse six mois.

Jacques Gounon dit attendre "sous quelques jours" la notification de l'autorité britannique de la concurrence. "Nous allons faire appel, et demander que l'appel soit suspensif, mais nous avons peu de chances d'obtenir gain de cause."   Reste que, selon lui, MyFerryLink "a de bonnes chances de gagner" en appel, mais il est probable que la décision soit rendue après l'échéance de six mois au terme de laquelle la compagnie devrait cesser son activité : "l'activité risque de s'arrêter alors qu'on n'a pas encore les résultats de l'appel" .