Mobilisation du 17 novembre : qui sont les "gilets jaunes" ?

Qui était dans la rue samedi 17 novembre ? Une question difficile tant les profils et motivations de la colère sont parfois éclectiques. Quelques-uns d'entre eux ont expliqué leurs motivations.

Ils étaient 280 000 "gilets jaunes" dans les rues samedi 17 novembre selon un bilan donné en début de soirée par le ministère de l'Intérieur. À Avignon, au milieu des "gilets jaunes", Arlette Moncho, 53 ans, participe à la première manifestation de sa vie. Elle est cariste dans une usine à 15 kilomètres de chez elle et la hausse des taxes sur les carburants a fortement impacté son budget mensuel. "J'en ai pour 200 euros d'essence sans faire trop de loisirs. Si je veux voir des amis qui habitent un peu loin, je suis coincée. C'est pas juste l'essence, c'est un ras-le-bol général, la population s'étouffe". Un constat partagé par Tony Lagrin 30 ans, qui est inquiet pour sa petite entreprise de réparation de toitures. Parcourir le département du Vaucluse lui coûte de plus en plus cher : "Pour une intervention, parfois il faut établir un devis, il y a le moment de réflexion et on a mis trente ou quarante euros de gasoil pour rien. C'est la taxe de trop, on paye des taxes professionnelles, on augmente tout et on ne dit rien".

"On ne peut plus là"

La France des "gilets jaunes" s'estime matraquée par les taxes depuis trop longtemps. Wilfried Pape, 40 ans, est conducteur d'engins de travaux publics et est venu bloquer un rond-point pour dire stop au gouvernement. "J'ai 60 kilomètres aller-retour tous les jours, je ne peux plus me permettre. On a quatre enfants, aller nourrir quatre enfants, c'est fini, on ne peut plus là". Sous les gilets, il y a aussi des retraités, comme Marie-Hélène Biancheri, 67 ans, exaspérée par la baisse globale de son pouvoir d'achat : "On a 1 300 euros par mois pour vivre. Quand on fait ne serait-ce même qu'un loisir c'est difficile, il faut réfléchir avant de le faire. Maintenant il y en a ras-le-bol". Nombre de ces "gilets jaunes" se disent éloignés des partis politiques et des syndicats, mais déterminés à faire durer leur mouvement au-delà d'une simple journée de colère.

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