La dépendance au pétrole est "une bombe climatique qui va nous exploser entre les mains", selon WWF France

Isabelle Autissier, présidente du WWF France, le 1er novembre 2018. 
Isabelle Autissier, présidente du WWF France, le 1er novembre 2018.  (LOIC VENANCE / AFP)

Isabelle Autissier, présidente du WWF France, a réagi sur franceinfo au mouvement des "gilets jaunes" ce week-end. 

Isabelle Autissier, écrivaine et présidente du WWF France, a mis en garde lundi 19 novembre sur franceinfo sur les conséquences pour le climat si on ne sort pas "de notre dépendance au pétrole". La navigatrice française a réagi au mouvement des "gilets jaunes" ce week-end, et a expliqué que cette dépendance est "une bombe climatique qui va nous exploser entre les mains."

franceinfo : Que vous inspire le mouvement des "gilets jaunes" ?

Isabelle Autissier : Cela montre qu'il faut qu'on sorte de notre dépendance au pétrole. Ce n'est plus possible que l'économie française soit dictée du côté de l'Arabie saoudite ou des États-Unis. Ce n'est plus possible que le pétrole soit un problème économique pour les gens les plus défavorisés dans ce pays et soit aussi une bombe climatique qui va nous exploser entre les mains et qui va faire énormément de dégâts.

Est-ce un mouvement anti-écologie ?

Il faut entendre ce que les gens disent. Évidemment, les gens prennent cette affaire à partir du porte-monnaie, mais il faut resserrer les villes. Il faut arrêter que les gens soient obligés d'habiter à 30 km de leur travail. Il faut aussi leur offrir des moyens alternatifs. Il faut les encourager, y compris financièrement, à prendre leur vélo, à marcher à pied. Il faut remettre en marche le train de proximité (...) Il faut changer de braquet en ce qui concerne tous ces déplacements doux, ces déplacements collectifs et encourager le covoiturage.

Cette taxe sur le carburant vous parait-elle nécessaire ?

Je crois qu'effectivement c'est important. On a raté le coche avec l'affaire des portails de l'écotaxe, car on aurait eu aujourd'hui des milliards d'euros qu'on aurait pu mettre au service de la transition écologique et énergétique. Elle aurait déjà aujourd'hui produit des résultats. On ne peut pas se dire indéfiniment on verra demain et on s'en occupera demain. On a besoin de mobiliser des moyens financiers pour faire cette transition (...) Plus on attend, plus cela va être très difficile, plus cela va être douloureux, plus cela va être compliqué. Allons-y en accompagnant les gens qui ont le moins de moyens à changer de voiture. Une petite voiture électrique a un coût à l'année moins cher qu'une voiture thermique, une fois qu'on l'a achetée. Il faut aider les gens à les acheter.

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