Pourquoi les routiers font grève

Des routiers en grève au péage de Saint-Arnoult (Yvelines), le 18 décembre 2014.
Des routiers en grève au péage de Saint-Arnoult (Yvelines), le 18 décembre 2014. (MAXPPP)

Le mouvement a débuté dimanche soir. Il ne devrait toutefois pas affecter les véhicules légers.

Les routiers passent au point mort. La profession a débuté une grève reconductible, dimanche 18 janvier à 22 heures, pour peser sur les négociations salariales avec le patronat, programmées mardi et jeudi. Les manifestants ont prévu de bloquer des routes, des dépôts pétroliers, des centrales d'achats et des sites industriels.

Quels sont les motifs de cette grève ?

En 2014, un seul des quatre coefficients en vigueur dans le transport routier – celui des salariés les plus qualifiés – dépasse le Smic (9,53 euros bruts par heure, mais relevé à 9,61 euros pour 2015). A l'initiative de cette grève, l'intersyndicale CGT, FO, CFTC et CFE-CGC réclame donc "une augmentation du pouvoir d'achat minimum de 100 euros" et proposent de porter à 10 euros le taux horaire minimum pour les coefficients les plus bas à l'embauche.

Les revendications portent aussi sur "la mise en place d'un 13e mois pour tous", "la suppression de la carence maladie" et l'ouverture de négociations sur "la gestion des fins de carrière", ainsi qu'une "protection sociale plus forte". Dans un premier temps, le mouvement de grève est prévu jusqu'à mardi, date de la prochaine séance de négociation annuelle obligatoire dans le transport routier de marchandises. Une seconde réunion est d'ores et déjà programmée jeudi, mais la grève pourrait bien chambouler le calendrier.

Quels sont les sites bloqués ?

Au total, une cinquantaine de "points d'action" sont programmés en France, indique Patrice Clos, secrétaire général de la fédération FO/UNCP Transports et Logistique. En région parisienne, les blocages vont concerner notamment "le port de Gennevilliers, la plateforme aéroportuaire de Roissy et des zones industrielles au nord de Paris".

Les régions les plus mobilisées seront le Nord, la Bretagne, la Normandie, l'Aquitaine, le Rhône-Alpes ou encore la Lorraine. Lyon, Lille, Bordeaux, Nantes et Marseille devraient notamment être touchées. A Marseille, "les autoroutes A51, A7, A55 et A50 seront impactées. Il est donc conseillé de se rendre à Marseille si possible avant 6 heures ou de différer son trajet après 9 heures", indique le Centre régional d'information et de coordination routière Méditerranée.

Quelles conséquences pour les particuliers ?

"L'objectif, ce n'est pas de bloquer la population mais de toucher les employeurs", prévient d'entrée de jeu Pascal Goument, de la CFTC-GND. En cas de blocages d'axes routiers, aux péages d'autoroute par exemple, seuls les poids-lourds seront stoppés par les grévistes, qui laisseront passer les véhicules légers. S'il y aura "forcément, à la marge, un peu de ralentissement", selon Jérôme Vérité, patron de la CGT Transports, la grève ne devrait pas paralyser la circulation.

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