"La loi doit être appliquée, point barre" : les chauffeurs de VTC manifestent contre la concurrence des LOTI

Les chauffeurs de VTC, lors d\'une manifestation contre les plateformes de type Uber, en décembre 2016, à Paris.
Les chauffeurs de VTC, lors d'une manifestation contre les plateformes de type Uber, en décembre 2016, à Paris. (MAXPPP)

Les propriétaires de véhicules de tourisme avec chauffeur (VTC) dénoncent un possible report de la loi censée les protéger de la concurrence des conducteurs de transport collectif à la demande (LOTI). Ils menacent de faire grève pendant les fêtes de Noël.

Les chauffeurs de VTC sont en colère. Depuis lundi 13 novembre au matin, environ 200 d'entre eux sont rassemblés près du ministère des Transports, à Paris. Ils dénoncent un possible report de l'application de la loi Grandguillaume, qui doit entrer en vigueur à partir du 1er janvier. Cette loi doit interdire aux conducteurs de transport collectif à la demande (appelés LOTI) d'avoir une activité de véhicule de tourisme avec chauffeur (VTC).

Les chauffeurs de VTC ont donc lancé un ultimatum au gouvernement, lundi matin, après une réunion de quatre heures au ministère. Si l'application de la loi est reportée, pour laisser le temps aux chauffeurs de LOTI de passer l'examen de VTC, ils pourraient déclencher un mouvement de grève très suivi pendant la période de Noël. 

Vers trois mois de délai pour les chauffeurs de LOTI

Pour les chauffeurs de VTC, pas question de discuter d'un possible report de la loi avec Uber. L'application de transport à la demande était invitée aux concertations organisées au ministère des Transports avec les acteurs du secteur. "Ce n'est absolument pas normal que des intermédiaires soient invités à discuter sur une loi qui, de plus, a déjà été votée", dénonce Helmi Mamlouk, secrétaire général du syndicat FO-CAPA VTC. "C'est comme s'il y avait un problème entre Air France et d'autres compagnies et qu'on invitait GO Voyages ou Booking." Il est intransigeant avec le gouvernement. "Il n'y a absolument rien à discuter. La loi doit être appliquée, point barre."

Les différents acteurs du secteur refusent que les LOTI puissent poursuivre leur activité de VTC pendant trois mois supplémentaires s'ils ont déposé une demande d'équivalence ou réussi seulement l'examen théorique, comme l'envisage le ministère. Ils balaient aussi d'un revers de main l'argument qui consiste à dire que l'examen est trop difficile. Certains évoquent des taux de réussite de 20%. "Je l'ai passé en candidat libre. Je n'ai pas de formation et ça m'a pris quelques heures sur internet pour réviser, regarder un peu la réglementation... Le reste c'est vraiment du bon sens !", sourit Jalil, chauffeur de VTC depuis un an.

On ne passe pas un examen de classe prépa ! Ce n'est vraiment pas difficile.Jalil, chauffeur de VTC depuis un anà franceinfo

La réponse du gouvernement sur le sujet est attendue mardi. Le ministère assure que, quoi qu'il arrive, les Loti qui s'inscrivent pourront passer l'examen d'ici la fin de l'année, malgré l'afflux de dossiers de candidature qui se fait sentir en cette fin d'année.