Hyperloop : un train à 1 000 km/h va être testé dans un village du Limousin

Le village de Droux (Haute-Vienne) a été choisi par une start-up canadienne pour accueillir un tube d\'essai de l\'Hyperloop.
Le village de Droux (Haute-Vienne) a été choisi par une start-up canadienne pour accueillir un tube d'essai de l'Hyperloop. (FRANCE 2)

Le village de Droux (Haute-Vienne) a été choisi pour la construction d'une piste d'essai de trois kilomètres.

Un train à 1 000 km/h dans un petit village du Limousin. Non, il ne s'agit pas du scénario d'un film de science-fiction !  La commune de Droux (Haute-Vienne) et ses 400 habitants s'apprête à accueillir la plus longue piste d'essai pour un projet d'hyperloop (train subsonique) développé par une start-up canadienne, Transpod.

Transpod, qui travaille au développement de la technologie hyperloop en Europe, doit déposer vendredi 10 août "une demande de permis de construire auprès de la préfecture de la Haute-Vienne", explique Sébastien Gendron, cofondateur et PDG de l'entreprise de Toronto, où se trouve le siège de la société. La piste d'essai consiste en un tube sur pylônes de trois kilomètres de ligne droite à édifier le long d'une ancienne voie ferrée sur un terrain qui serait mis à disposition par le Conseil départemental.

Le principe de ce train ultrarapide est de faire circuler des capsules pressurisées, ou "pods", dans des tubes à basse pression pour s'affranchir des frottements aérodynamiques et ainsi frôler le mur du son.

"La vitesse de l'avion avec la cadence du métro"

Si Transpod a choisi le village de Droux, à une cinquantaine de kilomètres au nord de Limoges, c'est parce que l'entreprise a été démarchée par un groupe d'entrepreneurs et d'élus locaux, réunis en association fin 2017 pour faire éclore "un projet innovant et capable de braquer les projecteurs du monde entier sur notre région", se réjouit Vincent Léonie.

Ce premier adjoint au maire de Limoges et président de l'association Hyperloop Limoges est un fervent défenseur de cette technologie qui veut, en une décennie, "faire voyager sur terre des humains et des marchandises à la vitesse de l'avion, avec la cadence du métro", comme aime à le répéter Sébastien Gendron. Cette piste doit permettre "de tester en conditions réelles, à échelle un demi, la technologie Hyperloop développée par Transpod", explique Sébastien Gendron.

Plus ou moins avancés, des projets similaires existent aux Etats-Unis, en Inde, en Arabie saoudite. Dans cette course mondiale, le Canadien fait figure d'outsider à côté des milliardaires Elon Musk et Richard Branson, à la tête de Virgin Hyperloop One, ou de l'Américain Dirk Ahlborn à celle d'Hyperloop TT, qui a installé un centre de recherche à Toulouse.

Une vingtaine d'employés dans la commune

Mais fort de leurs investisseurs nord-américains et italiens, Sébastien Gendron et son associé, le scientifique Ryan Janzen, disent viser "une première ligne commerciale à 1 000 km/h autour de 2030".

En attendant, Sébastien Gendron, dont l'entreprise emploie une vingtaine de personnes à ce jour, principalement au Canada, veut installer dans la commune de Droux une vingtaine de chercheurs et techniciens supplémentaires. Leur tâche principale consistera à analyser les données issues des tests en conditions réelles.

Les travaux débuteront cette année. Le projet, d'un montant de 21 millions d'euros, est financé à 100% par des investisseurs privés dans le cadre d'une levée de fonds de plus de 50 millions d'euros conduite par Transpod.

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