VIDEO. Air France : Hollande et Valls répliquent à Sarkozy sur la "chienlit"

FRANCE 2 et FRANCE 3

L'ancien président de la République Nicolas Sarkozy a vu dans les incidents de lundi à Air France une manifestation de la "chienlit" et du "délitement de l'Etat".

Les violences de certains salariés lundi contre deux dirigeants d'Air France ont eu un retentissement très politique mardi 6 octobre. François Hollande et son Premier ministre, Manuel Valls, ont tiré à boulets rouges sur l'ancien président de la République Nicolas Sarkozy, qui a vu dans ces incidents une manifestation de la "chienlit" et du "délitement de l'Etat".

Une référence au général de Gaulle et à Mai-68

"Nous ne sommes pas en 1793. Nous ne pouvons pas accepter que deux dirigeants soient au bord de se faire lyncher par des hommes en tenue de syndicaliste, avec des syndicats qui ont pignon sur rue et qui ont tous appelé à voter pour François Hollande en 2012", s'est emporté l'ancien chef de l'Etat lors de la réunion du groupe Les Républicains à l'Assemblée nationale. 

"C'est la chienlit, c'est le délitement de l'Etat", a résumé l'ex-chef de l'Etat, en faisant référence à la célèbre phrase attribuée au général de Gaulle lors des manifestations de mai 1968.

Manuel Valls lors des questions au gouvernement

Manuel Valls a réagi le premier, lors de la séance des questions au gouvernement à l'Assemblée nationale. Répondant au député Les Républicains Alain Chrétien, qui a également eu recours au terme "chienlit", le Premier ministre a déploré l'utilisation de ce mot, y voyant une attaque contre les corps intermédiaires.

LCP / FRANCE 3

"La chienlit, (...) la remise en cause permanente des corps intermédiaires, des syndicats, de l'indépendance de la justice, de ce qui fonde même la démocratie, ce mot chienlit, l'expression qui a été aussi la vôtre, comme celle de Nicolas Sarkozy, sont des mots dangereux", a dit le Premier ministre.

"Ne pas discréditer les syndicalistes mais les auteurs"

François Hollande a tenu un peu plus tard des propos dans la même ligne. Le président de la République a estimé que les "actes inqualifiables" commis contre des membres de la direction de la compagnie aérienne ne devaient pas "discréditer les syndicalistes mais discréditer les auteurs, ce qui est très différent".

"Et moi, je ne m'en prendrai jamais aux [corps] intermédiaires, aux corps sociaux, à ceux qui ont vocation à représenter justement les salariés, les employeurs, parce qu'il faut avoir des interlocuteurs, parce que l'Etat ne peut pas décider de tout", a-t-il lancé lors d'un discours à la Mutualité, pour le 70e anniversaire de la Sécurité sociale.

"Si on les discrédite, si on les stigmatise, si on les écarte, mais quel sera le fondement même de ce que nous pouvons faire au nom de l'intérêt général, de la République française ?" s'est exclamé le chef de l'Etat.

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