L'Etat néerlandais s'invite au capital d'Air France-KLM sans prévenir Paris

Le ministre des Finances néerlandais, Wopke Hoekstra, lors d\'une conférence de presse à La Haye (Pays-Bas), le 26 février 2019.
Le ministre des Finances néerlandais, Wopke Hoekstra, lors d'une conférence de presse à La Haye (Pays-Bas), le 26 février 2019. (LEX VAN LIESHOUT / ANP)

Une telle prise de participation s'est "faite sans information du conseil d'administration ni du gouvernement français", a réagi le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire.

Les Pays-Bas ont pris tout le monde de court en entrant au capital d'Air France-KLM. "Le gouvernement néerlandais a acheté des actions pour avoir une participation directe de 12,68% dans Air France-KLM", a annoncé le ministre des Finances Wopke Hoekstra lors d'une conférence de presse à La Haye. Cette acquisition surprise, réalisée à partir du 20 février, lui a coûté 680 millions d'euros, a-t-il précisé dans une lettre au Parlement.

"L'objectif est d'obtenir à terme une position équivalente à celle de l'Etat français", a-t-il ajouté. La France détient actuellement une participation de 14,3% dans le groupe. Une telle prise de participation s'est "faite sans information du conseil d'administration [du groupe] ni du gouvernement français", a réagi le ministre français de l'Economie Bruno Le Maire auprès des Echos"Il est essentiel de respecter les principes de bonne gouvernance et qu'Air France-KLM soit géré dans l'esprit de son intérêt social sans interférence étatique nationale", a poursuivi le ministre. Air France-KLM n'a de son côté pas voulu commenter l'opération.

"Influencer directement le développement futur d'Air France-KLM"

Cette décision intervient après de fortes tensions sur l'avenir du patron de KLM, Pieter Elbers, que le conseil d'administration du groupe Air France-KLM a finalement proposé de reconduire dans ses fonctions le 19 février. Les dirigeants de la branche néerlandaise avaient manifesté début février leur inquiétude quant au non-renouvellement du mandat de leur patron en avril et averti que le personnel pourrait faire grève.

L'irruption de l'Etat néerlandais au capital de la compagnie fait également suite à une série de grèves chez Air France l'an dernier, qui avait suscité l'inquiétude des Néerlandais sur la stabilité de la compagnie française. "Avec cette acquisition, le gouvernement néerlandais veut pouvoir influencer directement le développement futur d'Air France-KLM afin d'assurer de la meilleure façon possible l'intérêt public néerlandais", a précisé Wopke Hoekstra. "Il est devenu évident que les décisions importantes concernant la stratégie de KLM sont prises de plus en plus au niveau d'Air France-KLM", a souligné le ministre.

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