VIDEO. Violences sur les Champs-Elysées : "On nous explique qu'on est ultra-violents, puis qu'on est ultra-laxistes : il faudrait savoir !"

Jean-Paul Mégret, secrétaire national du syndicat indépendant des commissaires de police, réagit lundi aux violences qui ont émaillé les manifestations de "gilets jaunes", samedi sur les Champs-Elysées, à Paris.

"Cela fait quelques semaines que les forces de l'ordre subissent les assauts du Défenseur des droits, de l'ONU, de tout ce qui se fait en termes de bien-pensance pour nous expliquer qu'on est ultra-violents et là on nous explique qu'on est ultra-laxistes : il faudrait savoir !", dénonce lundi sur franceinfo Jean-Paul Mégret, le secrétaire national du syndicat indépendant des commissaires de police (SCPN). Après les nouvelles violences sur les Champs-Élysées à Paris samedi, en marge de la manifestation des "gilets jaunes", Edouard Phillippe a évoqué des "dysfonctionnements".

On fait le choix de ne pas avoir de blessés graves dans les rangs des manifestants voire des morts...

Jean-Paul Mégret

à franceinfo

Jean-Paul Mégret a affirmé que les forces de l'ordre s'attendaient à un tel déferlement de violences : "Non seulement on le savait, mais on avait prévu un nombre de forces extrêmement conséquent : environ 40 unités de CRS et de gendarmes mobiles", précise le policier. "C'est un mouvement qui s'essouffle et si vous voulez exister au niveau médiatique, il faut créer l'évènement, explique le syndicaliste. Et la manière de créer l'évènement pour ce mouvement, c'est d'être ultra-violent sur un site extrêmement sensible au niveau national et international, les Champs-Elysées."

Des ordres "contradictoires"

Le syndicaliste a pointé clairement, selon lui, les errances du pouvoir : "C'est la difficulté du politique qui n'arrive pas à déterminer exactement dans un contexte médiatique ce qu'il souhaite nous faire faire", explique Jean-Paul Mégret. "Ce n'est pas la stratégie du maintien de l'ordre qui tâtonne, ce sont les ordres au plus haut niveau qui sont contradictoires", déplore-t-il. "Ce n'est pas seulement le ministre, poursuit le secrétaire national du syndicat indépendant des commissaires de police. C'est l'ensemble du dispositif au plus haut niveau qui veut à la fois de la fermeté, des interpellations qui ne donnent pas grand-chose en termes de résultats judiciaires d'ailleurs." Et de l'autre côté, selon lui, certains qui espèrent que "pour des raisons médiatiques", le mouvement va "pourrir" de lui-même avec des images "détestables".

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