VIDEO. "Gilets jaunes" : "Les gens se retrouvent pour parler. C'est quand même comme cela qu'est née la démocratie", selon l'auteur de "La Guerre des pauvres"

Interrogé sur la question du référendum d'initiative citoyenne (RIC) et la crise des "gilets jaunes", le prix Goncourt 2017 estime qu'il s'agit "pour la majorité des gens de vouloir conserver l'initiative"... Extrait du magazine "Ouvrez le 1" diffusé mercredi 27 février 2019 sur Franceinfo (canal 27).

Tout le monde est d'accord pour dire qu'un référendum ne supporte pas l'ambiguïté et que la question posée aux électeurs doit être clairement formulée. Avec la réponse "oui" ou "non", est-ce possible d'être aussi tranché aujourd'hui ? demande la journaliste Emilie Tran Nguyen à Eric Vuillard, auteur de La Guerre des pauvres (Actes Sud).

"Cela ne se formule pas de cette manière parce que la question est venue de la rue et elle a cristallisé autour de cette expression, le RIC [référendum d'initiative citoyenne], répond le prix Goncourt 2017. Je ne crois pas que le mot référendum soit le plus important. C'est plutôt d'abord l'initiative. Il s'agit pour la majorité des gens de vouloir conserver l'initiative, participer personnellement soit à la révocation des élus, soit à la formation des lois."

"Il s'agit au fond d'une méfiance à l'égard de la délégation"

"Le mot citoyen est important puisqu'il s'agit au fond d'une méfiance à l'égard de la délégation qui s'exprime, pas seulement en France, mais dans beaucoup d'endroits depuis 2008", précise Eric Vuillard. Alors, est-ce une bonne idée ce RIC ? "Je ne sais pas si c'est le référendum en soi, mais cela met l'attention sur le fait que si la démocratie est quelque chose d'important, c'est qu'elle est avant tout une procédure collective. Moins qu'une procédure, elle est finalement un processus. C'est d'ailleurs ce qui a lieu en ce moment, Les gens se retrouvent pour parler. C'est quand même comme cela qu'est née la démocratie", répond-il.

De quoi la révolte des "gilets jaunes" "est-elle le nom ? Crise des inégalités ou de la représentation ? "Il y a les deux et on ne peut pas les désarrimer l'une de l'autre au fond. S'il y a une crise de la représentation, c'est qu'une bonne partie des gens pensent, légitimement, qu'ils sont représenté d'une façon disproportionnée. Il y a 75% de cadres et de professions intellectuelles supérieures au Parlement, et moins de 5% d'employés qui représentent 28% de la population. Les gens s'imaginent assez légitimement que les inégalités sociales sont sublimées en inégalités économiques qui bénéficient de l'onction du suffrage universel. Les gens ne veulent plus déléguer de cette manière leur souveraineté. C'est une façon de vouloir trancher pacifiquement la question des inégalités sociales", affirme l'auteur de L'Ordre du jour (Actes Sud).

Extrait du magazine "Ouvrez le 1" diffusé mercredi 27 février 2019 sur Franceinfo (canal 27).

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