"Un jour, l'extrême droite arrivera au pouvoir en France", alerte François Hollande

L\'ancien président français François Hollande, le 26 mars 2019, lors d\'une conférence à Qionghai (Chine).
L'ancien président français François Hollande, le 26 mars 2019, lors d'une conférence à Qionghai (Chine). (DYCJ / IMAGINECHINA / AFP)

Dans une interview au "Parisien", l'ex-chef de l'Etat appelle les partis politiques traditionnels à "prendre conscience de leur responsabilité".

L'ancien président de la République s'alarme de "la montée du nationalisme partout dans le monde". Dans une interview au Parisien dimanche 31 mars, François Hollande met en garde contre une arrivée de l'extrême droite au pouvoir en France, à plus ou moins courte échéance. "La menace vient de l'extrême droite. Je l'affirme, un jour elle arrivera au pouvoir en France. En 2022 ou plus tard… puisqu'elle prétendra que c'est la seule qui n'a pas été essayée !", déclare-t-il.

Interrogé à l'occasion de la sortie en format poche d'une version actualisée de son livre Les Leçons du pouvoir, François Hollande appelle "les partis de gouvernement qui ont animé le débat démocratique pendant des décennies" à "prendre conscience de leur responsabilité". "Ça vaut pour la gauche comme pour la droite. Ils ne doivent céder ni à l'outrance ni à la surenchère. Ils doivent être de nouveau des alternatives crédibles et mobilisatrices, sinon le face-à-face entre le pouvoir actuel et l'extrême droite peut mal finir", estime l'ancien président.

"Je ne reviendrai pas dans la vie partisane"

Dans cette interview, François Hollande donne également son avis sur la crise des "gilets jaunes", les violences dans les manifestations et le grand débat. "Il faut maintenant des mesures immédiates, mais surtout des décisions de long terme", affirme-t-il, citant "le rétablissement de l'ISF" et "le renforcement de la fiscalité sur les revenus du capital" afin de "réduire les injustices fiscales", mais aussi "un nouvel acte de décentralisation" et une humanisation des services publics.

Quant à son destin personnel, François Hollande indique qu'il ne souhaite pas se tenir en retrait après avoir accompli un mandat en tant que chef de l'Etat, expliquant que ses convictions "n'ont pas disparu" en quittant l'Elysée. Tout en assurant qu'il ne "reviendra pas dans la vie partisane", il dit vouloir "convaincre les Français que leur pays a un avenir et un rôle dans le monde" et ne pas accepter "que la gauche soit sans perspective". L'ancien président aura l'occasion de s'exprimer à nouveau sur ces sujets dimanche soir sur France 2 dans 20h30 le dimanche, avec Laurent Delahousse.

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